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Les travaux de la 22ème session ordinaire du conseil d’administration de l’Office national des postes (ONP) se sont déroulés hier dans la salle de conférences dudit service. Présidée par le PDG, Yoro Coulibaly, cette session prévoit des chiffres pour l’année 2007, qui confirment la décadence amorcée par le service postal malien depuis quelques années.

Cette session a été l’occasion pour les administrateurs d’examiner le projet de budget 2007, le programme d’activités 2007 et les états financiers des exercices 2004 et 2005.
Par rapport au premier point, le projet de budget de fonctionnement de l’exercice 2007 est arrêté en recettes à plus de 1,6 milliard de FCFA et en dépenses de plus de 1,8 milliard de nos francs. Ce qui dégage un déficit prévisionnel de plus de 243 millions de FCFA.

Le montant prévisionnel des recettes de l’exercice 2007 s’inscrit parfaitement dans la logique de la décadence que connaît le service postal malien. Effet, ce montant est inférieur de plus de 433 millions de FCFA aux prévisions de 2006, soit 20, 08 %.

En d’autres termes, la poste, suivant les prévisions, fera moins de recettes que l’année dernière. Ce qui veut dire que la situation de l’impasse est loin d’être maîtrisée, malgré une réduction des dépenses prévisionnelles 2007 de près de 190 millions de FCFA, soit 9,10 % par rapport à l’exercice écoulée.

Selon le PDG de l’ONP, Yoro Coulibaly, «cette baisse témoigne de la volonté de la direction générale de maîtriser les charges d’exploitation».

La même tendance de diminution est constatée au niveau du budget d’équipement, qui est équilibré en ressources et en emplois à 302 300 000 FCFA contre 427 millions de FCFA lors de l’exercice passé. La réduction se chiffre à 125 millions de FCFA, soit 29, 27%.

Trois facteurs expliquent la réduction de la prévision. Il s’agit d’une baisse substantielle, d’une part, des recettes au titre des frais terminaux qui représentent la rémunération à titre de compensation des frais occasionnés par la distribution du courrier importé et, d’autre part, des recettes de télécommunications (télégramme et téléphone fixe) consécutives à la poussée de la téléphonie mobile.

Enfin, la baisse s’explique par la réduction des recettes liées aux mandats papiers révolus et auxquels les clients substituent les transferts électroniques d’argent.
Quant aux recettes d’exploitation, à en croire le PDG, les causes profondes de la baisse ont pour nom la dégradation de la compétitivité, la baisse de la rentabilité, l’absence de restructuration des capitaux permanents qui se sont amenuisés au fil du temps par suite de pertes cumulées importantes et l’absence de fonds de roulement.

Face à un tableau peu reluisant, la direction générale n’entend pas rester les bras croisés au cours de cette nouvelle année. Elle ne manque pas d’initiative: Yoro Coulibaly préconise «des actions et initiatives majeures qui devront marquer la nouvelle année» et permettre de «jeter les bases du changement et du développement de l’ONP fondés sur trois axes : la gouvernance, les nouvelles technologies et les services financiers».

La gouvernance, selon M. Coulibaly, doit se traduire par un système fiable de compte-rendu d’activités en temps réel pour une bonne exploitation du système d’information et de gestion afin de piloter correctement à partir d’indicateurs de gestion apparents et agir à temps pour corriger les dysfonctionnements ou réorienter les efforts à fournir.

Quant aux nouvelles technologies, elles offrent l’opportunité à l’ONP d’introduire de nouveaux services à valeur ajoutée (courrier hybride, e-commerce, boîtes électroniques, etc).
L’interconnexion de tous les bureaux de poste faciliterait l’accès universel aux TIC dans les zones rurales et favoriserait le développement des services financiers de proximité.

Ces services financiers (notamment le mandat électronique et la micro finance) apporterait alors des solutions concrètes aux attentes des Maliens de l’extérieur et de l’intérieur vivant dans les zones défavorisées éloignées du système bancaire.
En tout cas, pour le PDG, il ne fait aucun doute qu’en agissant sur ces trois leviers, la poste pourra relever les défis majeurs de son développement.

«Pour ce faire, ils nous faut relancer au plus vite le processus de réforme et de régulation du secteur postal malien en souffrance suite à la non mise en œuvre du Plan stratégique de relance de l’ONP adopté par le gouvernement le 4 janvier 2006. Seule la mise en œuvre de ce plan est susceptible d’apporter les remèdes efficaces à la situation de l’ONP par la recapitalisation, l’ajustement des charges par le biais d’une juste rémunération de la mission de service public universel, la restructuration de la compétitivité et de la rentabilité et la mobilisation des ressources humaines», a conclu le PDG.

Youssouf CAMARA

1er février 2007.