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Nous ne cesserons jamais de nous glorifier du combat mené par nos grands parents pour la libération de notre pays, le Mali. Durant toute leur vie, ils ne se sont jamais lassés de se battre pour nous léguer un Mali fort, uni, solidaire et libre. Cependant, voilà que cinquante ans après notre indépendance, nous retournons à la case départ avec l’occupation par les bandits armés des deux tiers de notre territoire. Quel recul !!!

En effet, nul n’oublie à présent les grandes cérémoniales avec lesquelles nous avons marqué le cinquantenaire de notre accession à la souveraineté nationale et internationale, le 22 septembre 2010.

Durant toute une année entière, le peuple malien, dans son ensemble, a fêté le 22 septembre 2010, date anniversaire des cinquante ans de notre libération du joug du colonisateur. Ce fut l’occasion pour le général Amadou Toumani Touré de passer publiquement le témoin à la nouvelle génération pour les cinquante (50) prochaines années.

C’était au lendemain du 22 septembre 2010 au cours d’une grande cérémonie au stade Modibo Keïta. Mais c’était sans savoir jusqu’à quel point ce bâton était lourd à porter, car si le président Modibo Keïta a légué à sa postérité un Mali fier et respecté de tous, le Mali que ATT a laissé n’est plus que l’ombre de lui-même.

En renversant, le régime du général Moussa Traoré, le 26 mars 1991, il fut accusé de tous les pêchés d’Israël. Pouvons- nous que dire que nos vingt (20) ans de démocratie nous a apporté de malheur ?

Le président Modibo Keïta a su cultiver chez le Malien la notion de dignité, d’honneur et surtout le respect de la chose publique.
Avec le général Moussa Traoré, il y avait un minimum de respect pour la chose publique. Qu’en fut sous le régime d’Alpha Oumar Konaré et d’Amadou Toumani Touré ? Nos vingt ans (20) de démocratie nous ont servi à quoi ? Enrichissement illicite d’une minorité de dirigeants au détriment de la masse de pauvres maliens. D’Alpha Oumar Konaré à ATT combien de milliardaires ont vu le jour ?

Sous Moussa Traoré, même si les enseignants n’étaient pas dans les conditions les meilleures, cependant l’école continuait quand bien même avec sa mission noble de formation des cadres compétents pour le pays.
Sous Alpha et ATT, ce fut un véritable lieu de corruption, les élèves devenus des instruments manipulables des politiciens. Des parents d’élèves insouciants, des enseignants malhonnêtes, des élèves laissés à eux-mêmes, voilà ce que nos vingt (20) ans de démocratie a produit comme école qui est pourtant considérée comme le socle de toute société.

Le respect des lois et de la chose publique est devenu le dernier souci des Maliens. La morale sociale a totalement disparu et la jeunesse est restée sans repère ni morale, ni culture. L’impunité va grandissante, entraînant l’irresponsabilité généralisée. Personne n’est responsable de rien et personne ne s’inquiète s’il outrepassait les limites. Tout se passe comme s’il suffit d’être un parent ou un proche d’un haut responsable pour être au dessus de la loi.
Aujourd’hui, le Malien a tout perdu comme valeur et l’occupation des 2/3 du territoire vient de mettre au grand jour l’état de déconfiture de notre armée qui jusque là faisait notre fierté. Ce cinquante deuxième (52) anniversaire doit être une occasion de méditation et d’autoréflexion.

Chaque Malienne et Malien doit s’interroger sur ce qu’il a fait et ce qu’il aurait dû faire pour qu’on n’arrive pas là où on est aujourd’hui. Il s’agira pour nous d’une véritable refondation de notre société. Plus qu’un vœu, c’est un devoir pour chaque Malienne et chaque Malien de réfléchir ensemble, d’agir ensemble pour sortir notre pays du gouffre et lui donner toute sa valeur d’antan.
Quand la case brûle, plus d’hésitation ni de tergiversation, la priorité et l’urgence s’imposent, qu’on cherche par tous les moyens à l’éteindre, tel doit être aujourd’hui le défi commun à tous les Maliens.

Daouda DOUMBIA

25 Septembre 2012