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Une trentaine de prix spéciaux ont été décernés au cours du 20ème Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco) qui vient de s’achever le samedi 3 mars dans la capitale burkinabé. Les œuvres de beaucoup de réalisateurs africains ont été récompensées avec une somme d’argent plus un trophée. Contrairement aux précédentes éditions, le Mali n’a eu aucun prix spécial cette année. La cérémonie de remise des prix spéciaux aux lauréats s’est déroulée le vendredi 2 mars au siège du Salon international de l’artisanat (SIAO).

Vingt quatre heures avant la clôture du 20ème Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco), le vendredi 2 mars, une trentaine de prix spéciaux ont été décernés à plusieurs réalisateurs africains. Il s’agissait de récompenser les efforts déployés par les cinéastes à travers leurs films. La cérémonie de remise des prix a eu lieu dans la cour du siège du Salon international de l’artisanat (SIAO) en présence d’éminentes personnalités et des représentants des partenaires du Fespaco. Le Délégué général du Fespaco, Baba Hama était au rendez-vous.

Cette année, le Système des Nations Unies a décerné quatre prix spéciaux à travers différents domaines notamment la promotion de la culture de la tolérance et de la paix, les droits de la femme, les droits de l’enfant et la gestion durable de l’environnement. Ainsi, le prix des Nations Unies pour la promotion d’une culture de la paix et de la tolérance d’une valeur de 5 millions de FCFA a été décerné au réalisateur nigérian Newton Aduaka pour son long métrage « EZRA ». Le jury a estimé que cette œuvre cerne avec pertinence, sensibilité et courage le thème de la paix et de la tolérance, dans une perspective d’actualité conflictuelle brûlante. Elle met en exergue les problématiques de la vérité, de la justice et du pardon comme axes majeurs d’une réconciliation véritable, seule capable d’exorciser les démons de la division et de la violence. Le jury a également noté qu’il y a un souci ardent d’inviter à la paix et à la tolérance au moyen d’articulation de divers outils : mécanismes traditionnels, élections démocratiques etc.

Le prix des Nations Unies pour la promotion des droits de la femme d’une valeur de 5 millions de FCFA est revenu à Tahirou Tasséré Ouédraogo du Burkina Faso pour son film « Djanta ». Le jury s’est basé sur les aspects techniques (la qualité du montage, le cadrage, la décoration et le maquillage), la problématique de la question de la femme, le traitement du thème (égalité des droits hommes-femmes), indépendance économique des femmes, la lutte des femmes afin d’accéder aux ressources, leur lutte contre les violences qu’elles subissent, la mise en exergue de la condition de la femme dans le contexte où elle évolue. Ce film long métrage est très poignant et d’actualité. C’est le combat de la jeune génération qui aspire à plus de liberté pour son émancipation et la promesse des générations futures.

S’agissant de la promotion des droits de l’enfant, le lauréat est Gahité Fofana de la Guinée pour son long métrage « Un matin de bonne heure ». Ce prix est d’une valeur de 2 millions de FCFA Ce film nous appelle tous au respect et à la promotion des droits de l’enfant et de son bien-être. C’est une invite aux parents et aux gouvernants afin que les enfants ne soient plus laissés à eux-mêmes.

Le dernier prix du Système des Nations Unies est basé sur la gestion durable de l’environnement. D’un montant de 2 millions de FCFA, il a été enlevé par le réalisateur tunisien Fitouri Beelhiba pour son documentaire « Sacrées bouteilles ». Il traite avec pertinence du problème de la préservation de l’environnement et de l’amélioration du cadre de vie. Avec ingéniosité et humour, ce documentaire traite aussi de la sensibilisation et de l’éducation environnementale.

L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) a décerné trois prix spéciaux. Le prix spécial de l’intégration africaine en long métrage est revenu à Issa Brahima Traoré du Burkina Faso pour son film « Le monde, un ballet » tandis que Dyana Gaye du Sénégal avec son film « Dénéweti » est lauréat du prix spécial UEMOA en court métrage.

La réalisatrice burkinabé, Valérie Kaboré, pour sa série « Ina  » a été lauréate du prix spécial UEMOA TV-vidéo. Les lauréats des trois prix offerts par l’UEMOA ont reçu chacun la somme de 2 millions de FCFA.

Le réalisateur, le plus heureux de cette présente édition du Fespaco est Newton Aduaka qui, en plus du prix de la promotion de la culture de la paix et de la tolérance des Nations Unies, a reçu deux autres prix. Il s’agit du prix offert par Plan Burkina pour les droits de l’homme de 2 millions de FCFA et celui de l’institut national des langues et civilisations (INALCO). Il s’agit d’une caméra vidéo numérique haute définition d’une valeur de 2 600 000 FCFA.

Abderrahamane Sissako, réalisateur du film « Bamako » a été récompensé par l’Action Mondiale contre la pauvreté (AMCP). A travers ce prix, cette structure entend saluer la perspicacité et l’engagement du réalisateur mais aussi lancer un appel à tous les autres acteurs du monde du cinéma afin qu’ils utilisent la magie et la puissance de l’image pour mettre en relief les effets néfastes des politiques qui accentuent les inégalités sociales et la paupérisation du continent africain. Tous les prix spéciaux sont accompagnés chacun par un trophée.

En tout cas, ce qu’on peut retenir du 20è Fespaco, c’est que le Mali n’a eu aucun prix spécial. Puisque Abderrahamane Sissako refuse toujours de décliner son identité. Tantôt il est malien, tantôt il est mauritanien. On ne sait plus que faire.


Alou B H AIDARA

Kadiatou Konaté et Abdoulaye Ascofaré parmi les présidents du jury

Parmi les présidents du jury pour les prix spéciaux figurent deux Maliens. Il s’agit de la réalisatrice Kadiatou Konaté et du réalisateur Abdoulaye Ascofaré. Deux figures emblématiques du cinéma malien.

Si Kadiatou Konaté était la présidente du jury pour le prix spécial offert par le ministère de la Promotion des Droits Humains du Burkina Faso, Abdoulaye Ascofaré était le président du jury du prix spécial de l’intégration offert par la CEDEAO.

C’est le film « Humanitaire  » du réalisateur burkinabé Adama Rouamba qui a enlevé le premier prix tandis que le second a été offert au réalisateur béninois Sylvestre Amoussou pour son film « Africa Paradis ».


A. B. HAIDARA

L’UJCB récompense le meilleur film burkinabé « Ina  » de Valérie Kaboré

C’est la réalisatrice burkinabé, Valérie Kaboré qui a enlevé le prix spécial offert par l’Union des journalistes et communicateurs culturels du Burkina Faso, avec sa série « Ina ». Ce prix est doté d’un montant de 2 millions de FCFA plus un trophée. Il vise à susciter et encourager l’excellence chez les cinéastes burkinabé afin de les encourager à s’inspirer des préoccupations de la jeunesse et des richesses culturelles du pays de Blaise Compaoré. Le jury était présidé par Mme Zénabou Tarpilga, chef des programmes adjointe de la Radio nationale du Burkina.

Valérie Kaboré, non moins directrice de l’Agence de publicité de production cinématographique et vidéographique a reçu le trophée du meilleur thème d’actualité du Magazine Star Hebdo. Ce trophée est accompagné d’un an d’abonnement et d’un publi-reportage sur la lauréate et son film « Ina » dans le Magazine Star Hebdo.

Le jury a également donné une mention spéciale au film documentaire « Mamio l’Exil des dieux » du réalisateur burkinabé Nissi Joanny Traoré. Cela pour sa contribution à la sensibilisation contre le pillage et pour la protection des biens culturels. Le président de l’Union des Journalistes Culturels du Burkina Faso (l’UJCB), Bréhima Djika et son équipe ont félicité l’ensemble des cinéastes africains et leur a promis toute sa disponibilité pour la promotion de leurs œuvres dans le secteur des médias.

Précisons que cette association a vu le jour en décembre 2004 avec comme objectifs, entre autres, d’inciter à une production de qualité sur des sujets culturels, initier toute activité susceptible de contribuer à la fluidité de l’information culturelle et à la promotion de la culture burkinabé.

A.B.H

06 mars 2007.