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Une déclaration en guise d’avertissement. « Toute chose, ici bas, a un début et une fin. Nous voici au début du terme« . En introduisant ainsi son speech de la rentrée parlementaire, le président de l’Assemblée nationale, El Hadj Ibrahim Boubacar Kéïta, a voulu souligner aussi le fait qu’il s’agit de la dernière année parlementaire de cette législature 2002-2007.

Mais a-t-il rassuré, l’heure n’est pas encore au bilan. Selon lui, il s’agit d’une année particulière, singulière non en raison de sa qualité d’achèvement, de terme de mission, mais parce que c’est l’année au cours de laquelle seront organisées de très importantes élections générales, décisives pour l’avenir de notre pays et son ancrage démocratique.

Pour IBK, il s’agira assurément d’un test vital pour tout notre peuple qui vient de voter une loi électorale. « Nos commissions spécialisées devront suivre avec une particulière vigilance patriotique sa mise en œuvre conforme« , avise t-il.

Selon lui, il est avéré qu’en Afrique, trop souvent, les élections ont donné lieu à de très violentes contestations. « Notre intérêt et notre honneur seront que grâce à notre engagement et à notre volonté commune, les élections à venir soient le commencement d’un démenti et le début d’une véritable espérance africaine qui partirait encore une fois du Mali« , espère, le président de l’Assemblée nationale.

Cette session d’octobre qui s’ouvre ainsi est consacrée à l’examen et au vote du budget de la nation. Un agenda de 75 jours entièrement consacré à l’examen et au vote de la loi de finances. Et IBK de souligner par ailleurs : « en cette veille d’échéances capitales pour notre peuple, nous osons souhaiter que chacun dans ce pays mesure sa part de responsabilité et parviendrons à réussir ou qu’à Dieu ne plaise, à rater ensemble. Cela suppose que dès l’abord, tout soit mis en œuvre, de manière régulière et transparente, sans malice et sans petits calculs politiciens, pour qu’à l’arrivée, chacun puisse faire un libre constat d’honnêteté et de conformité. En cela seul, seront le salut et l’espoir enfin d’une trajectoire réconciliée avec notre glorieux passé national« .

Selon le président du parlement, notre pays est à la croisée des chemins. « Rarement une nation aura été, malgré un calme trompeur, en une aussi intense ébullition. Les fards, sophistiqués à souhait, fondent comme neige au soleil de la vérité. Nous l’avions prédit, hélas ! Nous avions craint cette montée du mercure politique qui ne nous semble pas de bon présage pour la sérénité hautement souhaitable et souhaitée pour l’an de grâce tant attendu : 2007 ! Oui 2007 et après ? », s’interroge IBK.

Il répond : « le Mali continuera, bon prince comme devant. Le fleuve Djoliba ne quittera pas son lit, et cette vieille terre d’histoire demeurera elle-même : généreuse … Demeurons fraternels, profondément fraternels, en dépit de nos enrichissantes différences« , a suggéré un Ibrahim Boubacar Kéïta, subitement pacifiste.

« Les élections doivent se vivre sur le mode de la fête républicaine, dans une grande communion démocratique et patriotique« , tel est le vœu exprimé par celui qui d’habitude a eu le ton guerrier. « La haine ne doit y avoir aucun droit de siège, ni même le mépris qui est antinomique avec le sens le plus élémentaire de la République« , note El Hadj Ibrahim Boubacar Keïta.

Boukary Daou

03 octobre 2006.