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Chaque jour, il attend impatiemment que l’adolescente entre dans son champ de vision. Au moment où la fille passe, un plateau sur la tête, l’amoureux fou s’abîme dans les rêves les plus merveilleux. Et chaque jour après son service matinal, assis sur une chaise devant la porte, il guette la fille de 11 ans. A chacun de ses passages, Adama ne manque pas de mots doux pour la retenir un bout de temps.

Un dimanche, après avoir passé plusieurs jours sans apercevoir, S. S, Adama se positionne à la place habituelle. Vers 13 heures, il voit arriver l’adolescente très fatiguée d’avoir marché longtemps. Cherchant un coin pour se mettre à l’abri du chaud soleil, elle pense à l’endroit où l’attend d’habitude le jeune serveur. Elle prend donc cette direction. Adama l’aperçoit. Il la hèle. Le jeune homme lui propose un marché. Il est prêt à acheter toutes ses marchandises contre un moment agréable à l’intérieur du restaurant.

degg.jpgLa fille refuse. Elle est choquée par des avances aussi déplacées de son point de vue. Elle menace son soupirant des pires représailles. Mais sans crier gare, Adama se saisit de quelques tubes de pâte dentifrice et s’introduit à l’intérieur d’une chambre du restaurant. Il invite S.S. à venir les récupérer. Emportée par la colère, elle poursuit Adama. Dès qu’elle franchit le seuil de la chambre, l’amoureux change de ton. Il exhibe un couteau et met en garde S. S : « un cri et ton cou est tranché« . Il sort de sa poche un préservatif et déshabille la fille.

Le viol consommé, Adama prend peur. Il propose 200 F à sa victime contre son silence. Naturellement S. S repousse l’offre et se met à pleurer. Pour la calmer, Adama multiplie la somme par 10 et lui tend un billet de 2000 Fcfa toujours sans résultat. Adama sonde alors l’adolescente sur sa détermination à informer ses parents. Elle répond par l’affirmative. La vendeuse ressort de la chambre les larmes aux yeux. Le criminel la suit et la menace de son couteau jusqu’à la porte. Brutalement, il craque et s’enfuit.

Au retour de S.S. à la maison, sa mère s’aperçoit rapidement que quelque chose lui était arrivé. Elle pose une seule question. La jeune fille explique alors en détail sa mésaventure. Le père, alerté, se rend au commissariat du 10è arrondissement pour y déposer plainte. Le commissaire divisionnaire, Madi Fofana, ordonne à ses hommes d’enquêter sur le jeune homme mis en cause.

Les policiers conduisent S.S. sur les lieux de l’agression. Elle leur indique l’endroit où Adama a caché son préservatif. Après vérification, les éléments de la brigade de recherche découvrent la pièce à conviction. Peu de temps après Adama est arrêté par les policiers. L’inspecteur principal Maria Sidibé procède à son audition. Le violeur a été déféré à la Maison centrale d’arrêt de Bamako.

D. I. DIAWARA | Essor

12 avril 07