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Pour la deuxième fois consécutive, la majorité des conseillers (20) ont rejeté le compte administratif du maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé. Tous les regards sont tournés vers le gouvernorat du district pour la suite des événements. Car, en l’occurrence, le maire est suspendu par le gouverneur en concertation avec le ministre de l’Administration territoriale sans préjudice des vérifications de la Section des comptes de la Cour suprême.

Vingt voix contre le compte, six pour et un bulletin nul : c’est le résultat du vote du compte administratif du maire de la Commune III que des conseillers ont donc rejeté pour la seconde fois le mardi 20 juillet lors de la session qui a ouvert ses travaux lundi dernier.

Cette session se tient sur ordre du gouverneur du district de Bamako, Ibrahima Féfé Koné, qui a instruit au maire de reprendre la session sur son compte administratif rejeté une première fois à l’issue de la session du 23 mars au 2 avril 2010. Ce jour-là, une majorité des conseillers présents dans la salle avaient rejeté le compte administratif 2009 du maire Kader Sidibé.

En pareille circonstance, la délibération des conseillers présents dans la salle est envoyée au gouverneur du district, qui crée les conditions pour la suite. Selon certains observateurs, très généralement, c’est la Section des comptes de la Cour suprême, qui est sollicitée pour vérifier le compte du maire.

Au cours de la session du 23 mars, la majorité des conseillers de la Commune avait demandé à M. Sidibé qu’il apporte des éclaircissements sur neuf points contestés par le conseil communal. Pour eux, le document compte administratif est mal élaboré. On y constate : un « couper coller » mal corrigé (voir chiffre 2008, page 9, section fonctionnement dépenses, les chiffres non corrigés par les services de la comptabilité, le travail consistant à faire ressortir le budget réalisé, celui non réalisé et le pourcentage des réalisations, effectué à moitié).

S’y ajoute l’absence du document sur le compte de gestion lors de la convocation du conseil. Ceux qui ont rejeté le compte affirment que le document n’a été donné au conseil qu’un jour avant la fin de la session. Ils déplorent l’absence des documents comme la mise à disposition de parcelles courant 2009, les décisions d’affectation de parcelles courant 2009, la situation de paiements effectués en 2009, les plans approuvés et non approuvés en 2009.

A ces lots s’ajoutent les supports relatifs aux versements reçus notamment de l’ANICT, du PAOFEM et de la DNCT (les justificatifs du paiement des fonctionnaires des collectivités mis à la disposition de la Commune ; les 19 000 000 F CFA virés au compte de la Commune par l’ANICT).

Pour la vingtaine de conseillers, il s’agit aussi de l’absence du compte de gestion ayant motivé la non-tenue de la réunion de la commission des finances sur le compte administratif seul, ainsi que l’écart entre le compte administratif et le compte de gestion est considérable, la non tenue de la réunion du bureau sur le compte administratif.

Le budget approuvé de 2009 a été modifié sans décision du conseil, l’absence de bordereau de réception des pelles chargeuses et des spiros qui sont sous réserve (conditions obligatoire pour l’achat desdits véhicules) figuraient dans la délibération n°005 MC-III/DB.
Toutes choses qui mettent en grande difficulté le maire Kader.

Amadou Sidibé

22 Juillet 2010.