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Combattus au Tchad, bombardés en Libye, traqués au Soudan, les djihadistes opérant dans ces pays, au nombre de 2000 sont arrivés à Kidal pour prêter mains fortes au MNLA aux prises avec le Groupe d’autodéfense des Touaregs imghads et alliés (GATIA).

De sources concordantes, 2.000 combattants aguerris ont débarqué dans la région de Kidal dans la plus grande discrétion en provenance du Tchad, de la Libye et du Soudan.

Selon les mêmes sources, ces combattants au service du djihad se sont vu chassés des pays ci-dessus indiqués avec armes et bagages. Leur point de chute recherché n’étant autre que le nord du Mali qui est incontestablement devenu depuis 2012 un no man’s land, les djihadistes ont out simplement élu domicile à Kidal au vu et au su de la MINUSMA et de la force Barkhane selon les mêmes sources.

Indubitablement, le débarquement de ces 2.000 djihadistes aura des retombées néfastes sur la sécurité intérieure de pays voisins au Mali mais surtout l’Algérie. Cela est d’autant prévisible qu’historiquement parlant l’Algérie n’a jamais accepté un seul instant le diktat de l’impérialisme français et de ses valets euro-africains. L’on rappelle la triste et glorieuse guerre que l’Algérie a menée de 1956 à 1962, guerre ayant consacré le départ de l’occupant français du territoire algérien.
Par rapport à la rébellion au Mali, la position de l’Algérie n’a jamais varié : les affaires du Mali doivent être gérées en toute indépendance par le Mali sans intrusion étrangère aucune. Indirectement visée, la France ne voit nullement d’un bon œil d’une Algérie plus forte et plus stable. Mais tirant les leçons du passé, elle n’ose pas directement s’attaquer ou s’ingérer dans les affaires intérieures de ce grand voisin du Mali.

Le débarquement des 2.000 djihadistes sous le nez de l’armée française peut légitimement s’interpréter comme une volonté hégémonique à peine voilée de la France à l’encontre de l’Algérie qui depuis le régime Modibo Keïta reste un pays ami et frère du Mali.

Il semble donc indubitable que la force Barkhane et la MINUSMA sont quelque part complices de ces forces venues en appui au Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) pour rendre irréversible la partition de fait de notre pays. La seule certitude à ce jour c’est que la fin des lendemains difficiles pour le Mali n’est pas pour demain. Loin de nous le désir de tomber dans le pessimisme béat mais aussi force est de ne pas se nourrir d’optimisme aberrant.

Il faut que notre peuple comprenne que la France ne servir ses intérêts fondamentaux, loin s’en faut ! Aujourd’hui, plus que jamais les Maliens se rendent à l’évidence que la seule solution honorable pour nous c’est le départ des troupes étrangères de notre territoire.

Cela s’avère un impératif catégorique tant il reste évident qu’au tant l’épervier ne peut œuvrer pour le bonheur des poussins de la basse-cour, il est tout à fait illusoire de penser un instant que la France peut servir la paix dans la sous région et en particulier au Mali. Il faut donc une prise de conscience de cette triste réalité pour qu’enfin le Mali se retrouve et se réalise.

Nelson Mandela disait : «Une action qui n’est pas précédée d’une vision n’est que perte de temps ; une vision qui n’est pas d’action n’est que rêve. Une vision suivie d’action peut changer le monde.»

Est-il besoin de dire que le président de la première République, feu Modibo Keïta, avait raison de dire que «lorsque les vrais propriétaires deviennent des observateurs, c’est le festival des brigands.». Pour ce faire, Salim Labou disait qu’il faut des hommes pour sauver l’avenir. Ces hommes, le Mali en a à revendre. Mais pour réussir notre mission, nous devons savoir d’où nous venons.

C’est bien ce que le sage Seydou Badian disait : «Etre de son temps, c’est vivre à la pointe de l’histoire mais en se souvenant qu’il y a derrière nous un passé prodigieux et infini».

Le passé récent du Mali nous enseigne que notre peuple a des amis par lesquels on peut compter la Russie, Cuba, la Chine, la République démocratique de Corée, le Venezuela et tous les pays africains qui partagent notre douleur et notre peine. Le Mali peut bien gérer sa problématique de la paix sans recourir à ceux-là dont la France qui se sont illustrés ennemis de notre peuple travailleur.

Tant que la France sera impliquée dans la gestion de la rébellion dans notre pays, il n’y aura pas la paix. Cela est d’autant exact que la paix au Mali constitue sans nul doute le malheur de l’ex-puissance coloniale et donc du coup son bonheur réside dans notre malheur comme en témoignent la traite négrière et la colonisation.

Pendant quatre (04) siècles, les peuples africains n’ont vécu dans leur chair et dans leur conscience qu’honneur et désolation. Ibrahim Baba Kaké le confirmait ainsi : ’’Pendant quatre (04) siècles de commerce triangulaire, l’Afrique a perdu plus de 400 millions d’hommes’’.

Sur le plan économique, le continent africain a été dépeuplé de ses bras valides. Comme si cela ne suffisait pas, la France et d’autres pays sionistes ont pris sur eux la responsabilité historique de coloniser nos peuples sans contre partie ou presque. Qu’on n’aille pas nous dire que le colonisateur a fait des rails et des routes ! C’était uniquement pour permettre aux représentants coloniaux de relier leur cantonnement en terre africaine.
Lors de la Seconde Guerre mondiale (comme l’a d’ailleurs reconnu François Hollande lors de sa tournée au Mali), notre peuple a activement participé à la libération de la France de l’occupation allemande. Mais comme signe d’ingratitude, cette France n’a pas hésité à imposer aux combattants des traitements indécents et différentiels : les anciens combattants français étaient triplement mieux payés que les nôtres.
Le président feu Modibo Keïta, ayant bien compris que la France ne peut servir notre peuple, n’a pas hésité à renvoyer de notre territoire l’armée française. C’était le 20 janvier 1961.

Comme pour se venger de notre pays, voilà que le gouvernement de la France s’est servi du prétexte de la rébellion pour concrétiser son rêve séculaire de faire de Tessalit l’une de ses bases les plus avancées sur le continent africain en vue d’assouvir ses ambitions géostratégiques. Le Mali ne peut se libérer que par ses fils.

Fodé KEITA

Du 8 Août 2016