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Vers la création des axes d’orientation de la politique nationale en matière d’éducation

La recherche perpétuelle des stratégies et moyens pouvant faire sortir l’école malienne de sa tumulte actuelle est et demeure un des préoccupations majeures des plus hautes autorités, particulièrement les ministères en charge de l’éducation. En dehors du Forum National sur l’Education tenu pour la circonstance, il se tient du 12 au 15 février la toute première session ordinaire du Conseil Supérieur sur l’Education.

C’est un espace d’échanges visant à formuler des propositions sur les grandes orientations de notre politique nationale en matière d’éducation.


Les objectifs du conseil supérieur de l’éducation

Créé par la n°99-046 du 28 décembre 1999 portant Loi d’Orientation sur l’Education, la présente session dudit conseil a pour objectifs d’émettre des avis et de formuler des propositions sur les grandes orientations de la politique nationale en matière d’éducation et de formation, d’émettre des avis et de faire des suggestions sur toutes les questions qui lui sont soumises par les ministres chargés de l’Education.

Il est composé de 24 membres dont 12 des partenaires techniques et financiers du secteur de l’éducation et 12 des partenaires sociaux relevant des différentes organisations. Pendant deux jours, les membres ont pour tâche d’échanger sur la situation scolaire et de porter leur appréciation sur les conclusions du forum national sur l’éducation, leur permettant d’adopter un document, fruit de la session.

Par ailleurs, rappelons que l’ouverture de la session était coprésidée par les ministres des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique et celui de l’Education de Base, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo. Elle a enregistré la présence du Recteur de l’Université de Bamako et du président du Conseil, le Pr. Baba Akhib Haïdara.

Pr. Amadou Toure

Dans son mot d’ouverture officielle de la session, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Pr. Amadou Touré a rappelé les objectifs du conseil avant de s’appesantir sur les différentes façettes de la crise scolaire qui constituent le fond de la turbulence de la question scolaire tant à la base qu’au supérieur.

Dans ses révélations, on retient les progrès réalisés dans le sous-secteur de l’éducation de base. Selon le ministre, en moyenne 1000 nouvelles salles de classe ont été construites et environ 2 000 enseignants ont été formés, ce qui a permis d’atteindre de nos jours un taux brut de scolarisation de 80,3% permettant à 1 176 956 jeunes enfants de 6 à 15 ans d’accéder à l’école au titre de l’année scolaire 2008-2009.

Cependant, selon le ministre, ce succès est modéré par de nombreuses disparités notamment entre régions, entre milieux urbains, semi-urbains, ruraux, entre milieux de vie et entre genres.

Abondant dans le sens de la qualité de l’enseignement qui demeure l’une des défaillances du système éducatif, le ministre attribue cet état de fait aux mauvaises conditions d’apprentissage caractérisé par l’insuffisance des manuels scolaires et autres matériels dictatiques, les effectifs trop élevés dans les classes et une majorité d’enseignants peu qualifiés.


L’enseignement secondaire

Le sous-secteur enseignement secondaire relevant de son ministère n’a pas été omis. Bien informé sur les difficultés qui persistent à ce niveau, le ministre Touré a rappelé les évolutions enregistrées depuis la mise en oeuvre du PRODEC. Avant de souligner les différentes difficultés qui règnent et constituent de nos jours le défi.

“Le sous-secteur des enseignements secondaire, technique et professionnel a lui aussi beaucoup évolué depuis les années 1995, années à partir desquelles le PRODEC-Programme Décennal de Développement de l’Education- a été conçu puis mis en oeuvre à travers le PISE- Programme d’Investissement Sectoriel de l’Education.

Depuis, de nombreux lycées et des centaines d’écoles de formation professionnelle et technique publiques et privées ont vu le jour qui permettent à plusieurs centaines de milliers d’élèves de suivre un enseignement secondaire de nos jours.

Mais, à ce niveau aussi, les problèmes font légions : infrastructures et équipements insuffisants et inadaptés, formations inadaptées et peu diversifiées, effectifs pléthoriques, personnels enseignants en nombre insuffisant et aux profils majoritairement inappropriés, etc.

Avec comme point d’orgue l’indiscipline et le non respect du règlement intérieur qui se sont installés dans la plupart de nos établissements secondaires, comportements, on ne peut plus préjudiciables à l’apprentissage scolaire !”, a-t-il précisé.

En plus, le ministre, dans son intervention, n’a occulté aucune question relative à l’école malienne. Ce qui prouve en substance sa connaissance parfaite des difficultés. Ainsi, de manière échellonnée, le ministre a fait un diagnostic sans réserve des différentes structures de l’éducation.

Selon lui, l’Enseignement Supérieur et la Recherche Scientifique sont caractérisés de nos jours par une faiblesse des capacités de gouvernance, une inadaptation de l’offre de formation à la demande économique et sociale, une faible capacité d’encadrement des étudiants, une insuffisance d’infrastructures et d’équipements, une recherche peu performante, un déséquilibre structurel entre les ressources affectées aux différents secteurs de dépenses, et un effectif pléthorique qui oscille autour de 80 000 étudiants. Ce qui nécessite une décentralisation des structures universitaires vers les régions.

Au terme de son intervention, le ministre a précisé que “la résolution des problèmes de l’école malienne est certes un travail de longue haleine. Mais elle est à notre portée”, avant d’exhorter les membres du conseil à une analyse efficiente.


Ousmane BERTHE (Stagiaire)

13 Février 2009