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Le 1er salon tuniso-malien a ouvert, hier lundi 7 avril, à l’hôtel Salam. Ce forum, qui s’étalera jusqu’au 10 avril prochain, vise à mieux connaître, à valoriser les potentialités du secteur des services dans les deux pays à travers l’instauration des relations de coopération et de partenariat dynamique entre les milieux d’affaires respectifs.

La cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Iba N’Diaye, a été l’occasion pour les autorités maliennes, tunisiennes et les opérateurs économiques des deux pays d’exprimer leur volonté de partager leurs expériences.

Le ministre Iba N’Diaye a, dans son allocution, invité le Mali à suivre l’expérience tunisienne dans la promotion du secteur des services. Ce pays, selon l’orateur, n’est pas riche en ressources minières, mais aujourd’hui, il rayonne en Afrique grâce à la compétence de ses ressources humaines.

L’Ambassadeur de la République de Tunisie au Mali, Farhat Cheour, a, de son côté, mis l’accent sur le choix de l’organisation de ce salon en terre malienne. Selon lui, deux facteurs importants fondent cette initiative. Il s’agit, primo, l’importance accrue du secteur des services dans l’économie mondiale, secundo, de la représentativité du chiffre d’affaires des services dans le monde. Lequel indique annuellement quelques 1 450 milliards de dollars.

Selon l’Ambassadeur Cheour, ce colossal pactole n’est pas le fruit des seuls services financiers, qui sont, aujourd’hui, quelque peu mis à l’index et du moins sont-ils entachés de certaines affaires telles que la crise des subprimes aux Etats-Unis et dont l’impact est mondial. Il englobe les services d’éducation, d’enseignement et de formation, les services socio-sanitaires, les services liés directement aux secteurs productifs notamment le Conseil fiscal, juridique, expertise et comptabilité.

« En définitive, le domaine d’intervention de ce secteur est, à la fois, large et important sinon vital, touchant à tous les domaines de l’activité économique » a-t-il déclaré.
Le président de l’Association d’amitié Mali-Tunisie, de son côté, n’a pas manqué de saisir l’occasion pour faire la promotion du secteur des services en Tunisie.

Selon lui, la promotion du secteur des services en Tunisie est une orientation impérative en vue de relever la compétitivité du secteur et améliorer sa capacité d’exportation pour pouvoir faire face aux défis résultant d’une plus grande libéralisation des services dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou dans la mise en œuvre de l’accord entre la Tunisie et l’Union européenne.

L’orateur, pour clore son intervention, de soutenir que quelques indicateurs révélateurs de l’importance de ce secteur en Tunisie qui contribue à 50% au PIB offrent de grandes perspectives de développement en termes d’investissements, d’emplois, d’exportations et de contribution à l’effort national.

L’exportation des services a atteint 25% de l’ensemble des exportations. L’investissement dans le secteur des services représente 52,8% de l’ensemble de l’investissement réalisé en 2005.La création d’emplois dans ce secteur des services représente 66, 76% du total des emplois. « La Tunisie, qui a donné son nom (Ifriqiya) à l’Afrique, considère sa relation avec les autres pays africains, comme stratégique » a-t-il laissé entendre.

Le 1er vice-président du Conseil national du patronat du Mali a, quant à lui, appelé les opérateurs économiques maliens à saisir cette occasion pour partager leurs expériences avec leurs homologues tunisiens.

La coopération entre le Mali et la Tunisie est au beau fixe

Le Mali se place au 17e rang des partenaires économiques et commerciaux de la Tunisie et au 1er rang en Afrique de l’ouest. Les chiffres des exportations de services tunisiens vers le marché malien ont atteint 150 milliards en 2007. Les bureaux d’études tunisiens tels que STUDI-SCET, des sociétés de télécommunication telles que OMNIACOM, la Poste tunisienne développent avec ses homologues maliens un partenariat fructueux.

Les Universités libres tunisiennes offrent un enseignement de qualité à des centaines de jeunes maliens annuellement. Les 200 Centres de formation professionnelle étatiques qui ont formé, depuis 2003, des centaines de jeunes Maliens, ont permis, à travers leur sérieux, leur professionnalisme et leur savoir-faire, dessiner une bonne image de la Tunisie et de la coopération Tunisie-Mali.

Il faut rappeler que ce forum prendra fin le 10 avril. Les opérateurs économiques auront à signer un accord de coopération entre le Conseil de l’Ordre des architectes du Mali et le Conseil de l’Ordre des architectes de la Tunisie.
Le second accord qui sera signé à la faveur de cette rencontre est relatif à la coopération entre les fédérations de services.

Abdoul Karim KONE

takadyba@yahoo.fr

08 avril 2008.