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Le premier gouvernement qui sera mis en place par IBK est impatiemment attendu par les Maliens. Beaucoup ont hâte de savoir comment il sera constitué pour épiloguer sur la suite du mandat du président proclamé hier par la Cour constitutionnelle avec 77,62 % contre 22,38 % à son challenger Soumaïla Cissé.

Nouveau régime, nouveau paysage politico-administratif dans un pays nouvellement sorti d’élections pour se doter de nouvelles institutions après une année de crise politico-sécuritaire.

En Afrique en général et au Mali en particulier, en cas de changement de régime, les choses se passent comme si l’ancien pouvoir n’avait pas existé. Tout est mis sens dessous-dessus par le retournement spectaculaire des thuriféraires de l’ancien système devenus aujourd’hui les courtisans impénitents du pouvoir naissant.

Le nouvel attelage gouvernemental attendu avec une mission transitoire devra être composé de technocrates rompus à la tâche et aux arcanes du pouvoir et des membres de l’ancienne équipe du gouvernement de transition dirigé par le Premier ministre Diango Cissoko.

Les ministres de l’actuel gouvernement ne seront pas tous reconduits certes, mais le choix d’IBK devra porter en priorité sur ceux qui ont brillé par leurs compétences à la tête de ministères de souveraineté nationale et qui représentent en même temps un poids politique chacun dans son domaine.

La reconduction de certains d’entre eux est d’autant plus nécessaire qu’ils pourront poursuivre l’œuvre entamée sur le plan de la gestion judiciaire, macro-économique, de l’organisation des futures échéances électorales, de la diplomatie et de l’humanitaire, etc.

Le gouvernement sortant est fort de ces valeurs en même temps que ceux qui ne représentent que leur propre personne et qui ont été bombardés ministres par un coup de baguette magique sous forme de retour de l’ascenseur pour avoir défendu une certaine cause à un moment de l’histoire de notre pays.

Pour garder l’équilibre dans le gouvernement en gestation, le président IBK devra aussi garder des ministres nommés sur le registre du Comité national de redressement de la démocratie et de restauration de l’Etat de droit (CNRDRE) dont la compétence n’a pas été mise en doute au cours de ces 16 derniers mois.

Décollage sans faux-pas

Le succès du mandat du président IBK sera tributaire du décollage sans faux-pas du premier gouvernement qu’il mettra en place. Celui-ci est appelé à relever les défis de tous ordres pour mériter la confiance des Maliens et de la communauté internationale.

Le gouvernement qui sera mis en place au lendemain de l’investiture du 3e président de la IIIe République, ce 4 septembre, aura une mission de gouvernement de transition. Une équipe d’hommes et de femmes chargée de conduire les premiers pas du nouveau pouvoir pendant au moins trois mois le temps de renouveler certains mandats.

Il s’agit en priorité de l’Assemblée nationale et du Haut conseil des collectivités territoriales. Ces élections de proximité, qui permettent de jauger la force de chaque parti politique, doivent être le baromètre de représentativité des partis dans le gouvernement qui va réellement s’atteler aux missions de reconstruction, de sécurisation et de réconciliation nationale.

Le nouveau président de la République devra faire la part des choses pour échapper à la vague de courtisans de la 25e heure dans son exaltante mission. IBK semble n’avoir pas a priori les mains liées puisque lui-même a dit qu’« il n’a donné de promesse électorale ni politique à personne ».

Une posture qui ferait de lui le président de tous les Maliens.

Abdrahamane Dicko

Les Echos du 21 Août 2013