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Cent jours ! C’est généralement le temps pris pour porter un jugement plus ou moins objectif sur un nouveau régime. Mais à peine porté à la connaissance du public, le 1er gouvernement d’Ibrahim Boubacar Kéita essuie de vives critiques de nombreux Maliens. Jugement fondés ? Infondés ? Attendons les cent jours.

jpg_une-2145.jpgMême dans ses propres rangs, des gens ne comprennent pas le choix porté par IBK sur certains ministres qui ont servi les régimes précédents. Cette crainte de Maliens désabusés par la composition de l’attelage gouvernemental trouve sa justification dans la sentence populaire qui dit qu’« on ne fait pas du neuf avec du vieux« . Mais quels que soient les hommes ou les femmes choisis, il y aurait de Maliens qui ne seraient pas satisfaits, de contents et de mécontents. Ceci découle de la nature humaine.

L’essentiel qui semble avoir prévalu dans la formation de cette première équipe est qu’il apparaît qu’IBK a d’abord joué la carte de la probité et de l’intégrité. Deux critères importants dans la conduite des affaires publiques. A ce que l’on sache, aucun membre du nouveau gouvernement ne semble traîner des casseroles ni avoir été impliqué dans des affaires judiciaires compromettantes. Sur ce plan, le nouveau gouvernement mérite respect et considération.

Ensuite, au vu de la formation du gouvernement, le président de la République, IBK, a joué la carte du professionnalisme, doublée de la compétence et de l’expérience, en ce sens que la plupart des ministres, mêmes les nouveaux sont sur de terrains qu’ils connaissent. Reste à savoir s’ils auront les coudées franches pour choisir les hommes et les femmes avec qui ils peuvent travailler et la liberté de parole pour mener à bien leurs missions.

Le gouvernement est là. Il faut maintenant passer à l’action. Il doit comprendre que tous ses gestes, actes et paroles seront passés au peigne fin par les Maliens. IBK en portant son choix sur ces hommes et femmes sait bien qu’il n’a pas droit à l’erreur. Attendons donc de voir les cent premiers jours.

Denis Koné

Les Echos du 11 Septembre 2013