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Le président de la République par intérim a confié deux missions principales au gouvernement de Cheick Modibo Diarra : la libération du nord et l’organisation d’élections libres et transparentes

Rétablir l’intégrité territoriale de notre pays dont plus de la moitié est occupée par des forces obscurantistes et organiser des élections libres et transparentes, telles sont les deux missions principales que le président de la République par intérim, a assignées à la nouvelle équipe gouvernementale. C’était à l’occasion du premier Conseil de ministres tenu hier à Koulouba sous la présidence du Pr. Diouncounda Traoré, en présence du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra et de la quasi totalité des ministres. Seul le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, chargé du Budget, Marimpa Samoura, en mission hors du pays, manquait à l’appel.

Les ministres ont commencé à arriver à Koulouba vers 9 heures. Le plus matinal a été le nouveau ministre chargé des Affaires religieuses et du Culte, Yacouba Traoré. La création de ce département ministériel est une première dans notre pays. Quelques minutes plus tard, il sera rejoint par son collègue, Demba Traoré, le nouveau ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, chargé de la Décentralisation. Au fil des minutes, la salle accueillera les autres ministres.

Le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, fait son entrée dans la salle à 10 heures, juste avant le président de la République. Amadou Baba Sy qui découvre pour la première fois de visu la table du Conseil des ministres mesure la responsabilité d’être membre du gouvernement à un moment critique de l’histoire de notre pays. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Diallo Dédia Mahamane Kattra souligne aussi que la charge est lourde et qu’il va falloir faire preuve de courage, de don de soi et surtout de cohésion pour sortir le pays de cette situation difficile.

Ces sentiments trouvent écho dans le discours de Dioncounda Traoré à l’ouverture officielle de la séance. Le président de la République par intérim a appelé les membres du nouveau gouvernement à « un don total de soi, une abnégation et surtout le sens de l’honneur ».

Car, pour Dioncounda Traoré, les responsabilités sont lourdes et les attentes très grandes. Il a surtout remercié les nouveaux ministres pour avoir accepté de servir leur pays à un moment où le Mali a besoin de tous ses fils. Le président de la République par intérim s’est dit convaincu que la confiance des autres n’interviendra que lorsque les Maliens, entre eux, se feront confiance et se montrent solidaires. Mais la solidarité n’exclut pas la fermeté. C’est pourquoi, il a insisté sur le caractère laïc et indivisible de notre pays qui doit rapidement trouver le chemin de la paix et de la concorde.

Dioncounda Traoré s’est fait l’ambassadeur du dialogue sans perdre de vue la nécessité d’avoir une armée moralement forte et logistiquement équipée. Il s’est engagé à chercher les moyens qu’il faut pour mettre notre armée à l’abri d’une pénurie de munitions ou de tout autre équipement nécessaire à l’exercice de sa fonction. Parallèlement, il faut évaluer et satisfaire les besoins humanitaires des populations déplacées qui ont été contraintes de tout abandonner à la recherche d’un havre de paix. Il est aussi nécessaire, a souligné Dioncounda Traoré, de réfléchir et de poser les jalons d’un développement durable au nord de notre pays.

Dès que le nord sera libéré de l’emprise des salafistes et des bandits armés et tous bords, Dioncounda Traoré annonce qu’il demandera au gouvernement de créer un cadre consultatif qui réunira tous les acteurs concernés, afin de mettre en place un processus électoral concerté.

Après, il faudrait évaluer le coût des élections avant de chercher les fonds nécessaires pour les réaliser. Pour cela, comme pour les autres missions, le président Traoré fait confiance au Premier ministre Cheick Modibo Diarra. « Pour ma part, je serai le lien, le ciment indispensable pour la réalisation de tous ces objectifs », a assuré Dioncounda Traoré qui prévient que le temps est compté et qu’il faut aller vite.

Le Conseil des ministres s’est tenu entre 10 et midi. Contrairement aux conseils de ministres inauguraux où l’on se contente des aspects protocolaires de discours, de présentation et de photo de famille, celui d’hier a déjà commencé à traiter les dossiers brûlants qui étaient sur la table. L’autre nouveauté est que le Conseil des ministres ne se tient plus dans la salle de réunion du secrétariat général de la présidence.

Il a désormais lieu dans l’ancienne salle placée au cœur du palais présidentiel qui lui est dédiée depuis sa construction. Même si cette partie du palais garde encore les stigmates de l’assaut de la nuit du 22 au 23 mars derniers, la salle dans laquelle, depuis plusieurs années, se discutent les affaires de l’Etat et se prennent des décisions qui engagent notre pays, a été superbement restaurée. Les chaises, la grande table rectangulaire et les lustres qui l’éclairent sont remis à neuf. Dehors, des militaires sécurisent tout le palais.

Vendredi 24 août 2012, par Amadou M. Cissé

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