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Les déchirures et les transhumances qui ont sérieusement affecté le Parti Citoyen pour le Renouveau (PCR) ont-elles fini par convaincre son jeune président, Ousmane Ben Fana Traoré, à revenir dans sa famille politique de départ ? Nul ne saurait le dire ; mais des gestes semblent le laisser penser.

Le PCR, qui est né des entrailles du Mouvement Citoyen, est visiblement à la recherche d’un nouveau souffle. Lors de son 1er Congrès ordinaire le week-end dernier, le parti aux couleurs Bleu- rouge-blanc a montré au grand jour qu’il manque d’oxygène. La mobilisation a laborieusement et péniblement été au rendez-vous grâce aux adolescents, arrivés bien en retard, pour n’avoir visiblement pas reçu à temps les T-shirt… Ils étaient nombreux à ne pas connaître la définition du sigle PCR, convoyés là seulement pour faire du bruit. Le décor pavoisé aux couleurs du parti, les invités de marque venus d’Espagne, du Sénégal et d’ailleurs, la chorégraphie qui se refusait à céder la place aux choses sérieuses ont été des accessoires pour parer à la lassitude des invités.

Dans son intervention, Ousmane Ben Fana Traoré, après avoir rappelé le contexte historique récent du parti, a indiqué que la vision des responsables du parti était que seul un parti politique régulièrement installé pouvait permettre de s’exprimer, de s’épanouir, d’évoluer à égalité de droits et de moyens dans l’arène politique national. Ce qui l’avait conduit à quitter les rangs du MC et à créer le PCR. « Mais au fil des ans, nous avons souffert de plusieurs déchirures et amertumes. Entre nous-mêmes fondateurs du PCR, nous avons vécu beaucoup de temps forts, beaucoup de réussites mais aussi hélas, des moments difficiles, des crises et des séparations « , a-t-il déclaré.

Profitant de cette tribune, Ousmane Ben Fana Traoré a tendu la main au président du Mouvement Citoyen (MC), Hamed Diané Semega et tous les militants du MC, au président Djibril Tangara de la Force Citoyenne Démocratique (FCD) et tous les militants de ce parti sorti également des flancs du MC.

« Aujourd’hui, le regroupement des partis et forces politiques s’avère une nécessité démocratique ; nous n’avons plus le droit de rester chacun dans son coin. C’est, à la limite, s’unir ou perdre », a-t-il martelé. Il a en outre remercié l’ensemble des élus du parti, soit une centaine de conseillers communaux et cinq maires, pour le travail abattu dans un environnement difficile. « Vous élus du PCR, vous êtes les agents privilégiés pour faire entendre la voix du parti et notre ambition de gérer le Mali autrement », a-t-il lancé.

Parlant de la mouvance présidentielle, le président du parti qui se réclame être un des plus libéraux du Mali, a déclaré que lors de la présidentielle de 2007, le PCR s’est fortement mobilisé et se considère comme un acteur majeur parmi d’autres à l’origine du plébiscite du président candidat Amadou Toumani Touré.

Et Ousmane Ben Fana Traoré de déclarer : « Notre appartenance à l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) ne résultait pas d’un calcul politicien, mais reposait sur notre adhésion au PDES du président ATT…Pour nous, le PDES n’est pas un dogme, c’est un ambitieux et volontariste programme de réalisation d’infrastructures ».

Le président du PCR, regrettant quelques défections au sein du parti, n’a pas manqué de souligner que sa formation politique a toujours participé à toutes les échéances électorales. D’autres intervenants, dont des représentants des partis amis, ont salué la tenue de ce Congrès.

Un congrès qui a pris fin le dimanche par le renouvellement du bureau du parti. Bureau toujours présidé par Ousmane Ben Fana Traoré, reconduit pour un nouveau mandat.

Bruno Djito SEGBEDJI

02 mars 2010