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En 1956, les 19 et 22 septembre, sous la houlette de Alioune Diop et l’équipe de présence africaine, s’est tenu, dans l’amphithéâtre Descartes de la Sorbonne à Paris, le premier congrès des écrivains et artistes noirs. Pour célébrer le cinquantenaire de cet événement majeur dans la promotion des cultures africaines, le ministère de la culture a initié un colloque scientifique international.

La salle de conférence du mémorial Modibo Keïta a abrité, le 17 mai 2007, la cérémonie d’ouverture du colloque scientifique international, intitulé cinquantenaire du premier congrès des écrivains et artistes noirs. Cheick Oumar Sissoko, ministre de la culture, a rappelé que du 19 au 22 septembre 1956, dans l’Amphithéâtre Descartes de la Sorbonne, se réunissait un groupe d’intellectuels noirs de divers horizons pour exalter, glorifier et affirmer les expressions culturelles des peuples noirs.

Le ministre a salué les initiateurs du premier congrès, dont Alioune Diop et l’équipe de Présence africaine, maison d’édition fondée en 1947. Selon lui, ce rendez-vous historique allait marquer l’irruption des intellectuels noirs dans l’arène internationale et l’émergence d’un mouvement culturel avec lequel l’occident devrait désormais compter.

Le ministre de la culture a rappelé qu’à l’issue de ce congrès, la société africaine de culture a été mise en place, afin d’unir par des liens de solidarité et d’amitié les hommes de culture du monde noir, de contribuer à la création de conditions nécessaires à l’épanouissement de leurs propres cultures.

Cette prise de parole leur a permis de réparer une injustice, en usant de leur droit à l’expression culturelle universellement reconnue. Ils ont ainsi remis à l’endroit l’image déformée de l’Afrique et de la diaspora noire ” a-t-il indiqué. Avant de dire que la célébration de ce cinquantenaire constitue un devoir de mémoire à l’égard de la nouvelle génération qui a besoin de connaître cette page glorieuse de notre histoire et d’en assurer le relais.

Mais, le ministre de la culture a estimé que l’un des grands défis auxquels l’Afrique et la diaspora noire se trouvent présentement confrontées, c’est le développement des industries culturelles qui passe nécessairement par la mise en place de politiques culturelles viables, en matière de formation et de professionnalisation des métiers de la culture, d’équipements et d’infrastructures, de protection des droits d’auteurs et de promotion de la création artistique et littéraire.

Auparavant, Youssouf Dembélé, secrétaire général de la commission nationale malienne de l’UNESCO et Vincent Seck, représentant du bureau multi pays de l’UNESCO au Mali, ont salué l’initiative malienne de célébration du cinquantenaire d’un évènement historique majeur dans l’histoire politique et culturelle du 20ème siècle.

La série de discours a fait place à une conférence introductive. Le professeur Mamadou Bani Diallo, conseiller technique au ministère de la culture a posé la problématique du colloque et les résultats attendus. Selon lui, cinquante ans après le congrès de 1956, certains sujets conservent leur intérêt et leur actualité, malgré le changement de contexte. Pour cela, il a indiqué que le colloque se propose de les analyser à la lumière d’un environnement mondial en constante évolution.

Les communications présentées par des participants venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Sénégal, se sont articulées autour de trois axes de réflexions. Le premier, portant sur le thème : “ Art, littérature et politique ” a montré que les créations littéraires d’aujourd’hui et la fonction des écrivains s’inscrivent dans la suite logique des conclusions du premier congrès des écrivains et artiste noirs.

Le deuxième axe, intitulé : “ Cultures négro-africaines et diversité culturelle ” a permis aux communicateurs de réaffirmer d’une part que le congrès de 1956 a mis l’accent sur la nécessité de reconnaître aux Noirs leur identité et leurs particularités culturelles, et d’autre part de jeter les jalons de la reconnaissance de la diversité culturelle comme fondement de l’humanité.

Enfin, le troisième axe a traité des thèmes en relation avec : “ Arts, tradition et évolution ”. Les communications ont reconnu aux traditions et aux arts africains leur rôle dans la reconnaissance des valeurs et de la dignité de l’homme noir, tout en recommandant la nécessaire ouverture au reste du monde dans le sens de la civilisation de l’universel.

A l’issue des débats, les participants ont formulé quatre recommandations. Ils ont souhaité le suivi et la mise en œuvre des recommandations de 1956, le renforcement des structures d’édition et de production des œuvres artistiques, la création d’un centre national de collecte et d’exploitation des traditions orales et enfin, la tenue d’un colloque scientifique international sur l’œuvre de Yambo Oueleguèm.

Assane Koné

21 mai 2007.