Partager

Le premier tour des élections présidentielles ivoiriennes aura lieu le 30 novembre 2008, six ans après le déclenchement de la crise qui coupa la Côte d’Ivoire en deux zones distinctes.

De Lomé à Pretoria, en passant par Bamako, Linas Marcoussis, Accra III, les protagonistes ont dû faire bon cœur contre mauvaise fortune, en acceptant de remettre le destin de leur pays dans les mains de la communauté internationale, avant de se retrouver autour d’une même table pour un dialogue direct, mené par le facilitateur Blaise Compaoré. Six ans de frayeurs pour ce pays déjà affaibli par le coup d’Etat de Noël 1999 et les élections chaotiques de 2000. Que de chemins parcourus !

En effet, le 19 Septembre 2002, la Côte d’Ivoire se réveilla sous des rafales de balles tirées par des assaillants sortis du néant. Des soldats se réclamant du Mouvement Patriotique de Cote d’Ivoire (MPCI) lançaient ainsi une insurrection armée, qui devrait se muer en une rébellion. Pour justifier cette subite belligérance, ils évoquèrent deux raisons principales, à savoir ; la reconnaissance de la citoyenneté ivoirienne d’une frange de la population dont ils se réclament et la tenue d’une élection crédible, transparente et ouverte à tous.

Ces raisons qui ont provoqué la guerre en Eburnie ont-elles trouvé une solution adéquate à ce jour ? Pas vraiment, si l’on considère que toutes les bonnes intentions arrêtées autour de la table de négociation attendent encore d’être traduites dans les faits. Et pourtant des pistes de solutions à ces problèmes relatives aussi bien à la question de la nationalité qu’à celle des élections ont maintes fois été ébauchées à Linas Marcoussis et à Ouagadougou.

Concernant la nationalité, deux cas de figure ont été distingués : il s’agit d’une part, du cas des descendants d’immigrés nés en Côte d’Ivoire avant le 7 Août 1960 et entre 1960 et 1972.

Il était prévu qu’une loi de naturalisation exceptionnelle soit prise afin de leur faire bénéficier de leur droit d’adoption (dont ils n’ont pu jouir) dans les délais prescrits. La table ronde de Marcoussis s’était également penchée sur le cas des étrangers mariés à des Ivoiriennes.

Ceux-ci devraient aussi bénéficier de la nationalité ivoirienne. Des lois avaient été adoptées pour que ces deux catégories de personnes qui remplissent les conditions bénéficient de la nationalité, mais en réalité elles attendent toujours.

A coté de ceux là, attendent des milliers d’autres Ivoiriens dont le sort a été lié à la réussite de l’opération d’identification. Il s’agit en l’occurrence des ressortissants du nord de la Côte d’Ivoire se disant spoliés de leur nationalité.

Pour arrondir les angles, il était prévu que leur soit délivrés des certificats de nationalité au cours des audiences foraines, précédant l’identification. Cette opération qui doit conduire à la production des pièces d’identité tant réclamées vient à peine de commencer.

Ainsi, ils sont encore des millions de sans papiers qui attendent leurs titres d’identité pour faire prévaloir leur citoyenneté ivoirienne. Une gageure pour le gouvernement Soro qui s’est fixé 45 jours pour régler tous les problèmes avant les échéances électorales du 30 novembre prochain.

S’agissant des Présidentielles, le pays attend toujours des élections crédibles et transparentes au cours desquelles tous les ténors pourraient prendre part au départ.

L’équation de la non éligibilité d’Alassane Dramane Ouattara étant résolue en 2005, par la signature de l’accord de Pretoria, il ne reste plus beaucoup d’obstacles pour permettre à la Côte d’ivoire d’aller vers des élections crédibles et apaisées. Surtout avec la certification du processus électoral par les Nations Unies et l’élaboration par les acteurs eux-mêmes d’un code de bonne conduite avant, pendant et après les élections.

Vivement que ces élections tant souhaitées se tiennent, pour permettre surtout aux investisseurs étrangers de voler au secours de ce grand malade défiguré par 6 ans de crise.

De Gildas, Correspondant du Républicain à Abidjan

26 Septembre 2008