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Si autrefois la grossesse de la femme drépanocytaire était considérée comme impossible à cause de certains facteurs et considérations liés à la prise en charge, aujourd’hui, l’association drépanocytose et grossesse est devenue possible grâce à l’avancée de la médecine et à l’amélioration des conditions de prise en charge de ces personnes.

La femme drépanocytaire peut bien tomber enceinte, mais ça reste une grossesse difficile qu’il faut suivre de près surtout pour les formes SS et SC.

La drépanocytose est une maladie héréditaire. Une maladie de l’hémoglobine. L’hémoglobine se trouve dans les globules rouges qui circulent dans le sang. Chez les patients drépanocytaires cette hémoglobine est différente de l’hémoglobine habituelle. Des gènes sont responsables de la fabrication de l’hémoglobine. La personne AA est normale. La personne AS est drépanocytaire forme mineure sans manifestation en général, la personne SS ou SC forme majeure de la drépanocytose est souvent malade.

Chez la personne drépanocytaire, les globules rouges du sang sont fragiles, et sont détruits plus vite, causant des problèmes d’anémie. C’est pourquoi il y a problème quand une femme drépanocytaire SS ou SC est enceinte, le fœtus subissant les conséquences de l’anémie de la mère.

La drépanocytose à elle seule même est un problème de santé qui altère la qualité de vie de la personne qui en souffre et la grossesse aussi est un véritable stress pris à part. L’association des deux (formes majeures) est un haut risque car le pronostic vital de la mère et du bébé est en jeu. Il faut que le professionnel de santé sache bien gérer pour que bébé et maman soient sauvés.

Une femme drépanocytaire peut porter une grossesse mais il faut une surveillance minutieuse, car il s’agit d’une grossesse pathologique. Lorsqu’une femme drépanocytaire est enceinte, le dépistage prénatal est systématique au cours des pesées (consultations prénatales) pour connaître le statut de la femme et éventuellement de son conjoint.

La santé de la mère et de l’enfant peut être bien affectée si la prise en charge fait défaut. La drépanocytose aggrave le risque d’anémie chez la femme enceinte, l’expose à des crises vasculo-occlusives, des infections à répétition, le paludisme, la pneumonie etc.

Pendant la grossesse, la drépanocytose peut se compliquer. Les incidents et douleurs peuvent être de plus en plus longs. Il y a souffrance fœtale chronique. Le risque d’un accouchement prématuré et le risque d’avoir un enfant de faible poids sont élevés chez une femme enceinte drépanocytaire.

L’accouchement de la femme drépanocytaire doit être préparé. Le risque de transfusion sanguine est plus ou moins élevé. Il y a une surveillance de la femme pendant l’accouchement : éviter le refroidissement de la parturiente, intérêt d’une aération de la salle, réduire le risque hémorragique…

L’après accouchement est aussi une période à haut risque. Il faut prévenir les complications thromboemboliques. Le séjour hospitalier est fonction de l’évolution de l’état de l’accouchée et du nouveau-né. La prise en charge de femme drépanocytaire est multidisciplinaire : gynécologues, sages-femmes, hématologues, anesthésistes, néonatologistes etc.

Conseils : dépistage précoce de la drépanocytose ; consultation pré-conceptionnelle de la femme drépanocytaire qui désire une grossesse ; une hygiène de vie pendant la grossesse ; l’hygiène alimentaire est recommandée. La grossesse chez la femme drépanocytaire peut avoir une issue favorable si la prise en charge a été précoce et multidisciplinaire.

Pr. Charlemagne Ouédraogo

Gynécologue Obstétricien

Source: Le Wagadu