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A la faveur de la conférence des investisseurs de Paris, tenue en juillet dernier, 18 sociétés de télécommunication ont été préqualifiées pour racheter la Sotelma. Parmi elles, MTN, Vodafone, Zain Telecom, Deutsch-Telecom, Tunisie-Télécom, Maroc-Télécom, Portugal-Telecom, Sudatel. Au regard de ce formidable engouement, l’Etat a revu à la hausse le prix de la transaction en la portant de 80 à 200 milliards de F CFA.

Les conférences des investisseurs étrangers intéressés par le processus de la privatisation de la Sotelma, se sont déroulées avec succès à Paris et à Bamako en juillet dernier.

Sans risque de se tromper, on peut affirmer que la ministre de la Communication et des nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo et le Président-directeur général de la Sotelma, Lassana N’Diaye, ont su bien vendre, à l’étranger, l’image de l’opérateur historique de téléphonie au Mali. Lequel a enregistré un chiffre d’affaires, de plus de 70 milliards de F CFA en 2007 et un total bilan de 176 milliards de F CFA la même année .

Le déficit budgétaire, estimé à 12 milliards de F CFA en 2006, a été absorbé de moitié en 2008.
Toutes choses qui, ajoutées à l’énorme potentiel qu’offre le marché malien, expliquent que les repreneurs se bousculent au portillon.

Ainsi, sont-ils 18 à être pré qualifiés pour reprendre les actions de la Sotelma. Parmi eux, on peut citer MTN, Vodafone, Zain Telecommunication, Deutsch Telecom, Tunisie Télécom, Maroc Télécom, Portugal Telecom, Sudatel, Saoudia-telecom et la société Alwal Telecom.
De toute évidence, les prétendants ont compris que la société est promise à un bel avenir avec des atouts comme une forte connaissance du marché, la disponibilité d’un réseau direct de distribution, une clientèle existante et fidèle, l’adhésion du personnel à la privatisation et la disponibilité d’infrastructures techniques et modernes.

Un autre facteur, qui est, sans doute, pour beaucoup dans la motivation des prétendants est l’accroissement du réseau téléphonique du Mali. Lequel passera de 10 millions à 100 millions de lignes à compter du 31 octobre prochain.

Au regard de l’engouement suscité chez les investisseurs étrangers, l’Etat a revu à la hausse le prix de la transaction en le faisant porter de 80 à 200 milliards de F CFA.

Ainsi, à travers le succès de la privatisation de la BIM-SA, le Mali entend vendre la Sotelma au meilleur prix.
Le plan social ne pose pas de problème aux éventuels repreneurs

La préoccupation majeure de la Direction générale de la Sotelma et du syndicat maison est bien de sauvegarder les intérêts du personnel. Ils ont élaboré à cet effet un plan social consistant qui prend en compte les aspirations des travailleurs.

La Direction et le Syndicat sont déterminés à se battre pour que tous les partants puissent avoir leur pécule avant la privatisation.

A en croire une source proche de la Sotelma, aucun des prétendants à la reprise ne voit un inconvénient dans l’application du plan social élaboré pour le bien-être des travailleurs.

A rappeler que ce plan social est composé essentiellement des volets indemnisation et réinsertion. Le premier volet vise à indemniser les travailleurs qui voudront partir sur la base du volontariat. Il s’agit des travailleurs qui n’ont plus leur métier dans la tête et des grands malades.

Le volet réinsertion consiste à protéger les partants volontaires pour qu’ils ne se retrouvent pas à la rue.

Par rapport au volet indemnisation, le coût sera estimé après les négociations engagées entre la Direction de la Sotelma, le ministère de la Communication et des nouvelles technologies et le département des Finances.

Enfin, dernier détail important, il y a lieu de s’interroger sur la transparence qui doit prévaloir dans le processus du choix du repreneur. Les autorités doivent aller au-delà de tout acte de favoritisme pour attribuer le marché à la société qui le mérite.


Abdoul Karim KONE

26 Aout 2008