Partager

Mort à la fleur de l’âge, le 17 mars 1980, Abdoul Karim Camara dit Cabral, secrétaire général de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (Uneem) au moment des faits, recevra, encore une fois, ce samedi l’hommage de la nation à travers une marche funèbre, organisée de l’Association des anciens de l’Uneem (Amsuneem), et le dépôt d’une gerbe de fleurs du gouvernement sous la houlette du Premier ministre.

Il y a 32 ans, disparaissait Abdoul Karim Camara qui avait pris le sobriquet de Cabral, en hommage à Amilcar, le héros de la lutte pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert. Etudiant finaliste en philosophie à l’Ecole normale supérieure (EN Sup) de Bamako, il avait 25 ans et s’apprêtait à faire son entrée dans la production.

Hélas ! Le destin, cruel, l’a décidé autrement. Alors qu’il se battait pour de meilleures conditions d’études et de travail pour les élèves et étudiants du Mali, il mourra des suites de tortures à lui infligées par la soldatesque de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM, ex-parti-Etat) dirigée d’une baguette de fer par GMT.

Arrêté le 16 mars 1980, après des manifestations estudiantines à Bamako, il décédera le lendemain après un passage au commissariat du 2e arrondissement et le Camp des commandos-parachutistes de Djicoroni.

Ses bourreaux croyaient bien faire en l’envoyant six pieds sous terre. Mais c’était mépriser la cause pour laquelle il est allé au sacrifice suprême. Ils ont certes eu un long temps de répit ; cependant, le 26-Mars 1991 est tout d’abord la victoire posthume de l’enfant de Dravéla-Bolibana, car c’est l’AEEM (née des cendres de l’Uneem) qui mangera froid le plat de la vengeance : renvoyant le parti unique dans les poubelles de l’Histoire malienne.

La mort a eu raison de Cabral physiquement parlant. Elle n’aura aucune emprise sur son nom, ses idéaux de liberté, de justice sociale, de solidarité ; sa mémoire. Son nom restera donc intimement lié à l’Histoire contemporaine du Mali. En témoignent le monument érigé en sa mémoire au rond-point de Lafiabougou et le lycée public de Ségou qui porte son nom.

Mort où est ta victoire ? Dors dans la paix de Dieu Cabral !

A. M. Thiam

Le 16 Mars 2012