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Sont rivales Louise Mushikiwabo, Rwandaise et Michaëlle Jean, canadienne et candidate à sa propre succession . Deux femmes pour un seul fauteuil. Tous les pronostics semblent favorisés la ministre rwandaise des affaires étrangères. La question que se pose la majorité des africains est de savoir si “Nous” sommes prêts à reprendre ce poste semé d’embûches autant sur le plan économique que politique.
Quel enjeu l’Afrique, “peut-être” représentée par le Rwanda, s’apprête à faire face pour assurer ce poste ?

Une Afrique mauvaise élève mais bonne maîtresse

300 millions de personnes se réclament faisant parties de cette espace francophone. Pourtant malgré ses efforts de titan, le français reste en marge face à l’anglais qui est aujourd’hui la langue la plus parlée au monde. L’espace s’agrandit mais les défis restent gigantesques portés par les piliers de la langue et sa culture. L’organisation est pourtant présente sur bien d’autres fronts. En l’occurrence, la politique, en se faisant porte-parole des opprimés pour la promotion des droits de l’homme et de la démocratie. La francophonie n’est plus qu’une organisation de promotion et de sauvegarde de la langue et de la culture française mais aussi un groupement porté par des combats politico-économiques.

L’on sait que certains Etats africains sont loin d’être de bons élèves en matière de respect de droit de l’homme. Et sur le plan économique, la majorité des pays africains la composant sont incapable d’assurer “l’extremum” vital pour les populations. Et les défis de cet 17éme sommet devront donc être centrés sur le bien-être de ces 300 millions de personnes qui constituent l’organisation. L’Afrique partirait-elle au combat avec une épine dans le pied?

n14yy2ms.gifL’expérience rwandaise : une aubaine pour l’organisation ?

C’est un travail de titan que la Rwandaise Louise Mushikiwabo, grande favorite au poste de Secrétaire générale de l’OIF, s’apprête à faire face. Mais en hommage à son pays qui est sorti de l’un des génocides les plus meurtriers de notre siècle pour s’ériger en un pays où il fait bon-vivre, la rwandaise pourrait fièrement apporter sa nouvelle pierre “à l’édifice francophone”. C’est en ce sens qu’elle s’exprime dans une interview accordée au journal du Monde Afrique : “ Nous pouvons partager l’expérience de la reconstruction après conflit. On aimerait aider nos pays frères en leur expliquant les difficultés que nous avons rencontrées après le génocide et ainsi leur éviter de tomber dans certains écueils.” Elle ajoute que “Nous pouvons aussi partager notre expérience dans la promotion de la femme et le côté

organisationnel”. Par ailleurs, les combats qu’elle mènerait si toutefois elle est désignée, secrétaire générale de l’OIF, vont vers la promotion de la jeunesse qui reste la clef de voûte du continent africain pour mieux jouer dans le concert des nations du monde. Cette mission qu’elle mènerait viserait à recentrer la question de l’emploi des jeunes dans les débats. Car selon elle, c’est une “préoccupation importante”. Elle encouragerait vivement les missions de l’OIF à contribuer à créer des opportunités pour cette jeunesse affluant vers une méditerranée prêt à les enfouir dans une gouffre infernale et sans aucune issue possible.

Malgré sa détermination, la Rwandaise semble susciter des débats pessimistes pour son élection. En l’occurrence Marine Le Pen qui s’est «indignée» du soutien de la France pour la candidate. En attendant la candidate peut s’enorgueillir d’être 5 ème dans le rang des 50 africains les plus influents en 2018 dans le classement du magazine Jeune Afrique. Par ailleurs, elle figure parmi les happy few qui pourrait succéder au chef de l’État, le jour où ce dernier décidera de prendre du recul.

Aissata Keita
Bamako le 11 Octobre 2018
© Afribone