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Les chefs d’Etat et de gouvernement des huit Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) se sont réunis pour leur 13e session ordinaire. Les différentes crises et la situation politique en Guinée-Bissau ont dominé les débats.

A la demande du président du Burkina Faso Blaise Compaoré, président de la conférence, la grande salle, composée des chefs d’Etat et de gouvernement, des représentations des institutions internationales et diplomatiques, a observé une minute de silence à la mémoire du président de la République de Guinée-Bissau, disparu tragiquement en ce début du mois de mars.

Le président Compaoré a apporté un témoignage émouvant sur la ferme détermination de son défunt homologue à traduire à œuvrer avec ses voisins à l’amélioration des conditions de vie des populations bissau-guinéennes en intégrant l’Union économique et monétaire ouest-africaine le 2 mai 1997.

La paix et la sécurité demeurent des viatiques pour l’aboutissement des efforts d’intégration et de développement de la sous-région ouest-africaine et plus individuellement pour les Etats. Cette question est devenue une source de vive préoccupation pour les pays de l’Uémoa. Le président Compaoré a sollicité le soutien continu de la communauté internationale dans le processus de paix en Côte d’Ivoire et réitéré le soutien de la conférence aux efforts de maintien de la paix et de la sécurité dans leur pays respectif.

La 13e session de l’Uémoa a examiné, au-delà des activités des organes communautaires, les solutions préconisées pour faire face durablement à la crise. Elle a apprécié également la stratégie de résolution des déficits énergétiques et traité des possibilités d’accroissement de ses capacités de financement du développement.

Une question majeure demeure aussi la modification de l’Acte additionnel sur l’état de la convergence macro et micro économique. La triple crise alimentaire, énergétique et financière qui secoue les pays de l’Union est limitée, selon Blaise Compaoré, par les mesures diligentes appliquées au niveau national et l’appui financier direct apporté par l’Uémoa aux Etats membres ainsi que la constante solidarité des partenaires au développement.

Les solutions de sortie

Au titre des actions communautaires entreprises pour juguler la crise alimentaire, on note le plan d’action pour la relance et le développement de la production agricole en vue d’atteindre la sécurité alimentaire en 2015. Afin de trouver des solutions durables à la crise énergétique, une commission de réflexion mise en place à la demande de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement sous la présidence du président béninois, a achevé ses travaux et proposé une stratégie ainsi qu’un mécanisme de financement.

En ce qui concerne la crise financière internationale, de nombreuses initiatives ont été prises au niveau international pour restaurer la confiance et relancer la demande mondiale. C’est dans ce cadre que le FMI propose, entre autres, l’accroissement de ses financements en direction de l’Afrique et l’assouplissement de leurs conditionnalités.

Quatre principales recommandations composent la déclaration relative à un « partenariat renforcé entre l’Afrique et le FMI » : le renforcement du rôle de surveillance du FMI en direction notamment des pays développés, l’octroi d’un allègement complémentaire de dette au-delà des mécanismes classiques PPTE et IADM, l’accessibilité à des financements non-concessionnels en plus des ressources PPTE et IADM pour de nouvelles dépenses budgétaires en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et enfin l’avènement d’un partenariat renforcé entre l’Afrique et le Fonds à travers une meilleure représentativité du continent dans les instances de décision du FMI.

Quant aux mesures internes à l’Union afin d’atténuer l’impact de cette crise sur les économies de la sous-région, elles préconisent : la surveillance de la situation financière du système bancaire et notamment leurs relations avec les correspondants extérieurs et maisons-mères ; le maintien d’une liquidité optimale au sein du système bancaire ; le renforcement de la coordination entre les structures de supervision des différentes composantes du secteur financier ; la poursuite de l’assainissement des finances publiques et l’accélération des réformes structurelles et sectorielle, la consolidation de l’intégration avec la mise en œuvre du Programme économique régional.

L’implication effective des organes et institutions dans l’intégration sous-régionale constitue un motif de satisfaction pour le président de la conférence. Dans son discours d’ouverture, le président Compaoré a mis l’accent sur l’adoption des politiques communes en matière agricole, industrielle, minière, énergétique et environnementale ainsi que la mise en œuvre des programmes relatifs aux transports terrestres, aériens et maritimes, à la promotion de la femme et aux réformes de l’enseignement supérieur, contribuant à la réalisation des objectifs de l’organisation commune.

Les travaux de la 13e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement se sont achevés le mardi 17 mars par la lecture du communiqué final et un point de presse dans la salle de conférence de « Ouaga 2000 » dans la capitale burkinabé. C’est le président Amadou Toumani Touré qui a été désigné président en exercice de l’Union pour l’année à venir.

Maïmouna Coulibaly

(envoyée spéciale)

19 Mars 2009