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Il y a deux ans, jour pour jour, la Cour constitutionnelle décidait de confirmer la confiance que le peuple malien accordait au candidat ATT pour un second mandat au sommet de l’Etat.

« Considérant que le candidat Amadou Toumani Touré avec 1 612 912 suffrages recueillis sous son nom a obtenu au premier tour la majorité absolue des suffrages exprimés qui est de 1 132 742 suffrages ; qu’il y a lieu de le déclarer élu conformément à l’article 33 de la constitution.» C’était il y a deux ans. Plus exactement le 12 mai 2007, Salif Kanouté, alors président de la Cour constitutionnelle, proclamait Amadou Toumani Touré élu président de la République du Mali.

Cette cérémonie, qui aura deux ans demain, mettait ainsi un terme à l’élection présidentielle du 29 avril 2007 et aux nombreux contentieux électorats qui l’ont suivi. Il faut rappeler que lors de ce scrutin historique, Amadou Toumani Touré a gagné dès le premier tour. Sur les 6 884 352 électeurs inscrits, 2 494 846 avaient effectivement voté. 198 518 bulletins étaient nuls, 30 845 suffrages avaient été annulés.

Ce qui avait donné un taux de participation de 36,24%. La majorité absolue étant alors fixée à 1 132 742, le candidat Amadou Toumani Touré, crédité de 1 612 912 voix, a été largement plébiscité avec 71,20% des suffrages valablement exprimés.


En face de lui,
il y avait 6 hommes (Ibrahim Boubacar Keïta, 19,15% ; Mamadou Sangaré, 1,58% ; Tiébilé Dramé, 3,04% ; Soumeylou Boubeye Maïga, 1,46% ; Oumar Mariko, 2,72% ; et Madiassa Maguiraga, 0,30%) et une dame, Sidibé Aminata Diallo. Celle-ci a créé une grande première, car pour la première fois, une femme se présentait à une élection présidentielle au Mali. Et elle n’a pas occupé la queue du peloton ; avec 0,55%, elle s’est classée devant un habitué de ce scrutin, en l’occurrence Madiassa Maguiraga.


Avant le scrutin
, pour nombre d’observateurs et, surtout, pour ses adversaires politiques, rien n’était gagné à l’avance. Les uns, parce qu’ils jugeaient que les partis politiques avaient décidé de revenir sur le devant de la scène et de jouer les premiers rôles. En effet, en 2007, le candidat sur lequel le peuple malien avait porté son choix n’était issu d’aucune formation politique et se plaisait à rappeler son indépendance et sa position équidistante vis-à-vis de la classe politique. En plus, une fois élu, il a tenu à instaurer une gestion concertée et consensuelle du pouvoir.

Un consensus auquel, les partis politiques, dont les plus importants, ont participé. Pendant cinq, le temps de son premier mandat, le président Amadou Toumani Touré, grâce à un climat apaisé, s’est efforcé à lancer d’importants chantiers nationaux.

Les autres, ses adversaires politiques, parce qu’ils croyaient que la campagne électorale, qu’ils avaient commencée bien avant la date et qui était en réalité une campagne de dénigrement et de diffamations, allait payer. Ils se prévalaient de l’opposition et ont formé eux aussi un regroupement, le FDR, qui avait pour objectif de faire contrepoids à la mouvance présidentielle. Ils avaient à leur tête deux anciens acteurs du consensus qui avaient retourné la veste : le Rpm et le Parena.

Les uns et les autres se seront trompés. En 2007, convaincus que le projet pour le développement économique et social du candidat Amadou Toumani Touré était incontournable et nécessaire pour un « Mali qui gagne », plusieurs partis politiques dont les plus importants du paysage politique ont décidé de le suivre.


En se regroupant
au sein de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), ces formations politiques ont apporté leur soutien électoral et politique à Amadou Toumani Touré. Parmi elles, deux ténors, sans conteste les deux plus grands partis politiques du Mali, l’Adéma et l’URD, qui contrôlent la quasi-totalité de l’électorat du pays. L’aura personnelle de l’homme du 26 mars 1991, les grandes réalisations et la nécessité de poursuivre les chantiers ouverts ont fait le reste.

Le 29 avril 2007, le plébiscite était au rendez-vous. Les autres ne tireront aucun bénéfice de leur campagne de dénigrement. Au contraire, ils succomberont vite à un retour de manivelle, la plupart d’entre eux avaient participé à la gestion consensuelle d’un pouvoir qu’ils se sont efforcés de vouer aux gémonies, se discréditant par la même occasion aux yeux des Maliens excédés par tant de duplicité.

Malgré le chapelet de requêtes et de recours en annulation introduits par les autres candidats et leurs mandataires, la Cour constitutionnelle a validé les résultats du scrutin. Le 12 mai 2007, par arrêt n°07/CC-EP Salif Kanouté, président de cette institution, et ses huit conseillers ont proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle portant Amadou Toumani Touré à la tête du pays. Pour un second mandat. Le 8 juin 2007, Amadou Toumani Touré prêtait serment.

Cheick Tandina

12 Mai 2009