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Présidée par son président directeur général, Seidina Oumar Dicko, cette 11ème session qui a regroupé la majorité des administrateurs dont les chargés de communication des départements de la Communication et des nouvelles technologies, de l’Agriculture, de la Santé et de l’Economie et des Finances, s’est tenue à un moment où le CESPA amorce un tournant décisif de son existence.

En effet, elle se tient seulement quelques mois après la 10ème session qui avait fait des recommandations pertinentes pour l’avenir du CESPA. Il s’agissait, entre autres, de la fourniture d’un rapport de certification des états financiers de 2004, l’organisation de séances de concertation avec les services financiers, le cabinet d’audit, le cabinet fiscal et la réorientation des activités du centre en priorisant les domaines où il possède des expertises avérées, notamment la production de modules pédagogiques ou ensembles multimédias de formation.

Dans son intervention, le PDG du CESPA a fait un état détaillé du point d’exécution de ces recommandations qui a permis de finaliser les documents soumis à la présente session.

L’examen des états financiers certifiés 2005, fait ressortir un résultat excédentaire de plus de 26 millions de FCFA.  » Ce résultat est dû non seulement à l’augmentation du chiffre d’affaires, mais aussi et surtout à l’effort entrepris depuis quatre ans par la direction pour parvenir à une meilleure maîtrise des charges. Parmi les mesures préconisées, on peut citer l’application stricte de celles relatives à la réduction de la consommation d’électricité et d’eau, du téléphone, à l’achat des fournitures de bureau et à la baisse du montant du contrat de nettoyage des locaux  » a expliqué Seidina Oumar Dicko.

Ainsi en ce qui concerne la réorientation des activités en priorisant les domaines où le CESPA dispose des compétences avérées, aux dires de Seidina Oumar Dicko des démarches ont été entreprises auprès d’un certain nombre de partenaires parmi lesquels la Banque nationale de développement agricole et l’Office Riz Ségou. « Ces contacts sont très avancés et augurent de bonnes perspectives » a affirmé M. Dicko.

Pour les relations publiques et la publicité, la direction en accord avec les travailleurs a instruit la réactualisation des dépliants et des catalogues du service qui sont aujourd’hui vieux de plusieurs années. Cette procédure vise à les transformer en un instrument promotionnel qui sera distribué à grande échelle auprès des partenaires potentiels. La campagne promotionnelle qui va concerner toutes les régions du pays, sera également menée auprès des pays membres de l’Uemoa en vue d’identifier et de répertorier de nouveaux partenaires potentiels (ONG, projets de développement et structures régionales).

Une nette diminution des charges d’exploitation

Le budget prévisionnel 2006, chiffré à 360 millions de FCFA s’inscrit dans la logique de relever ces défis, consolider les acquis et pérenniser le CESPA.

A mi-parcours de l’exécution de ce budget, la direction générale a pu réaliser un chiffre d’affaires de plus de 204 millions de FCFA, soit une augmentation de 24 millions de FCFA (13 %) par rapport aux prévisions initiales qui se chiffraient à 180 millions de FCFA.

Le PDG justifie cet accroissement « non seulement par la reprise des activités de production et de formation mais aussi par les retombées financières liées au bon déroulement de la campagne de sensibilisation du Haut conseil national de lutte contre le sida qui s’achève prochainement avec les régions de Gao et de Kidal, pour laquelle, le CESPA a été salué par le partenaire pour son professionnalisme avéré « .

Un équilibre financier exposé à la précarité

Les bons résultats de ce premier semestre 2006, sont également dus aux actions de prospection et d’un marketing agressif permettant une hausse des parts des marchés du CESPA dans un environnement audiovisuel fortement concurrentiel. Un plan de marketing élaboré avec l’appui financier de CEFA Lomé devra permettre d’outrepasser ces chiffres dans les années à venir.

Autres raisons évoquées par le PDG, la diminution des charges d’exploitations d’un million de FCFA par rapport aux prévisions. Une diminution qui procède de la volonté de la direction de « parvenir à une meilleure maîtrise des charges d’exploitation afin d’enclencher une croissance soutenue et durable« .

Ces performances enregistrées tant avec les partenaires nationaux qu’internationaux prouvent une certaine consolidation des acquis mais aussi une extension de la notoriété du CESPA au-delà de nos frontières. En témoigne l’instauration d’un nouveau partenariat avec le CEFA de Lomé pour l’élaboration de messages IEC, population et développement aux mois de juin – juillet derniers. C’est ainsi que Seidina Oumar Dicko a insisté sur la nécessité de plus de rigueur et de professionnalisme pour honorer cette marque de confiance et d’estime des partenaires.

D’autant plus que les performances enregistrées ces dernières années ont été ponctuées par des distinctions dont la dernière en date est la catégorie platine de la Star Award of Quality reçue au mois de février 2006 à Francfort. Malgré ces résultats fort appréciables et une notoriété reconnue, le CESPA, selon son PDG, « continue de payer un lourd tribut, suite aux redressements fiscaux successifs dont il a fait l’objet pour un montant cumulé de plus de 50 millions de FCFA entre 1997 et 2001« . Parallèlement, les arriérés de cotisations sociales dus à l’INPS et les impôts continuent d’être payés par le CESPA.

Par ailleurs, la persistance de certains facteurs exogènes, notamment la concurrence déloyale, la faiblesse des textes législatifs et réglementaires dans l’exercice de l’audiovisuel, la faiblesse du marché, sont de nature à rendre cet équilibre financier précaire pour le CESPA. D’où cet appel pressant du PDG aux administrateurs « d’imaginer, d’anticiper, de prendre des initiatives créatrices et novatrices pour jeter les balises d’un véritable sursaut permettant au centre d’assurer son autonomie, voire son développement« .

Youssouf CAMARA

10 août 2006.