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La 3e réunion consultative sur la 11e reconstitution du Fad, ouverte hier à Bamako sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, offre l’occasion de mobiliser des financements concessionnels au profit des pays à plus faible revenu, dont le nôtre.

C’est notre capitale que les plénipotentiaires du Fonds africain pour le développement (Fad) ont choisie pour leur 3e réunion consultative sur la reconstitution du 11e Fad. Un choix qui honore le Mali, dira Amadou Toumani Touré, compte tenu de la place de choix qu’occupe cette institution financière africaine dans notre pays depuis 30 ans.

« La reconstitution du 11e Fad est une belle opportunité pour témoigner notre sincère reconnaissance à tous les donateurs pour les ressources mises à la disposition de la banque, au service du développement de notre continent » , a-t-il souligné.

Selon lui, de 1974, date de sa première intervention au Mali, au 30 juin 2007, le groupe de la Bad a octroyé à notre pays 90 prêts et dons d’un montant global net de 511 milliards de F CFA. Ces fonds ont servi à financer, entre autres, 58 projets, 8 programmes d’ajustement structurel et sectoriel, 6 appuis institutionnels, 4 lignes de crédits, 16 études.

Le président malien a fondé l’espoir sur la reconstitution du 11e Fad afin, espère-t-il, que ces ressources nouvelles servent au financement du progrès social et économique du continent.

En réponse à ce vœux, le président de la Banque africaine de développement (Bad), Donald Kaberuka, dira que « nous sommes là pour mobiliser des financements concessionnels pour la période 2008-2010 au profit de nos pays à plus faible revenu. Nous devons les conditions propices au développement d’un secteur privé dynamique en Afrique ».

Pour ce qui est du Mali, Dr. Kaberuka révèle que son institution entend, dans le cadre du 11e Fad, redoubler d’efforts pour galvaniser son potentiel de catalyseur d’investissements privés dans des pays comme le Mali. Déjà, ajoutera-t-il, « nos services et ceux d’autres investisseurs sont sur le point de conclure une importante opération dans le secteur public et le secteur privé » . La Bad entend également poursuivre ses efforts d’amélioration du climat d’investissement.

La cérémonie d’ouverture, qui a regroupé plusieurs hautes personnalités, a été marquée par la projection d’un documentaire de dix minutes sur les réalisations de la Bad dans notre pays. Les travaux prennent fin aujourd’hui.

Sidiki Y. Dembélé

L’odeur de Bahanga ?

Tous ceux qui ont emprunté, hier matin, les voies longeant Sofitel de l’Amitié ont dû se poser la question sur la présence de cette armada de bérets rouges aux alentours de l’hôtel. Tôt le matin, cet hôtel qui devait abriter la cérémonie d’ouverture des travaux du 11e Fad sous la présidence du chef de l’Etat, a été pris d’assaut par des militaires armés et des policiers. Le président se déplace, certes, avec des militaires. Mais, rarement, a-t-on vu un nombre aussi élevé de porteurs d’uniformes accompagner ATT dans une salle. De l’extérieur à l’intérieur de l’hôtel, même les toilettes étaient sous haute surveillance. Aussi dans son discours, lapsus ou mise en garde voilée, ATT a tenu à rappeler qu’il était parachutiste dans une salle où l’on parlait de financement Bad. Le spectre de Bahanga ? Allez-y savoir !

Tout rose, tout rose…

« Parfait ou impeccable », le qualificatif n’est pas trop fort. En tout cas, à voir le documentaire de 10 minutes diffusé hier sur les réalisations de la Bad au Mali, on découvre que tout est rose. Les belles images de centres de santé, de salles de classes, de routes, de barrages mêlées aux témoignages de gestionnaires et de bénéficiaires de projets, choisis sur mesure, tout y est. Aucune difficulté, aucune faute, 100 % de succès de tous les projets que ce soit à Manicoura, Djenné, Bla ou Sangaba. Et pourtant, dans les comptes rendus de la mission de presse effectuée récemment par la presse privée, l’on révèle d’énormes irrégularités dans la gestion de plus d’un projet et des coups de gueule de bénéficiaires.

21 septembre 2007.