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11 février 1998-11 février 2008 : il y a dix ans disparaissait Monseigneur Luc Auguste Sangaré à Abidjan, où il participait à une rencontre des Évêques de l’Afrique de l’Ouest. Notre pays perdait ainsi un guide, un pasteur qui avait mis toute sa confiance au Seigneur et qui savait rassembler, un homme apprécié par tout le pays pour son « parler en vérité« .

Pour rendre hommage à l’illustre disparu, la communauté catholique du Mali à travers l’archevêché de Bamako a organisé samedi dernier une messe de requiem dans la cour de l’école de la cathédrale. Une messe qui survenait moins de 24 heures après le dénouement heureux d’un dossier qui tenait à coeur au disparu, celui du litige foncier opposant Georges Francis, un ressortissant libanais, à l’Église catholique du Mali. Vendredi à Koulouba, le président de la République, Amadou Toumani Touré, en personne a, en effet, remis les titres fonciers de terrains et immeubles en litige à l’Archevêque de Bamako, Mgr Jean Zerbo.

Ils étaient donc nombreux, parents, amis et collaborateurs, venus se recueillir pour la mémoire de Mgr Sangaré. La messe, présidée par Mgr Jean Zerbo, Archevêque de Bamako, et animée par la chorale de « Notre dame des chants » de Missira, s’est déroulée en présence des ministres de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Kafougouna Koné, de la Communication et des Nouvelles Technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, et de l’Élevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Bâ. Y ont pris part également des représentants de l’AMUPI, Sidi Konakè, et de l’église protestante, Daniel Tangara.

Dans son homélie, Mgr Jean Zerbo a rendu un vibrant hommage à l’infatigable apôtre de la paix. Il a évoqué la sagesse et l’humilité de l’homme qui a souhaité être enterré dans l’allée centrale de la cathédrale. Aujourd’hui les fidèles marchent sur sa tombe pour aller vers le Seigneur.

Le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Kafougouna Koné, a lui aussi salué le souvenir de cet infatigable homme de dialogue, apôtre de la paix, de la tolérance et de l’équité. « Ses interventions étaient attendues avec impatience par le peuple malien face aux différents problèmes, aux événements majeurs que connaît notre pays« , a rappelé Kafougouna Koné qui, au nom du président de la République, a souhaité que l’âme de l’illustre disparu repose en paix.

Mgr Luc Sangaré est né le 20 juin 1925 à Ségou. Ordonné prêtre le 12 septembre 1954, il est nommé évêque de Bamako en 1962. C’est le premier évêque du Mali.

Chrétiens comme musulmans reconnaissent en Mgr Luc Auguste Sangaré, l’homme de Dieu dont la pensée et l’action étaient toujours orientés vers tous les humains : « Bè jè« . C’est ainsi que beaucoup de gens n’hésitaient pas à venir se confier à ses prières pour la solution à leurs problèmes.

A tous, il répondait qu’il n’avait ni don, ni pouvoir surnaturel. Il invitait, par conséquent, ces hommes et ces femmes à se joindre à lui pour faire monter leurs prières à Dieu, le Tout-Puissant.
Nombreux étaient, cependant, ceux qui revenaient lui dire leur satisfaction. « Allez et continuez à prier, car l’on ne prie jamais Dieu en vain !« , leur répondait-il et lui-même profitait de l’occasion pour rendre grâce au Créateur.

Après la messe, les officiels ont visité une exposition photo organisée par l’Union diocésaine des religieux et religieuses de Bamako (UDR). Cette exposition qui a pour objectif de rendre hommage à Monseigneur Luc Auguste Sangaré, retrace la vie du pasteur depuis sa consécration épiscopale en 1962 au stade Ouezzin Coulibaly, jusqu’à ses obsèques au stade Modibo Keïta où l’ancien chef d’État Alpha Oumar Konaré le décora de la Croix du commandeur de la République du Mali à titre posthume (voir L’Essor du 17 février 1998). Dors en paix « Bè jè Mori » (marabout de tous, l’homme qui était consulté par tous) !

C. DIALLO – L’Essor

12 Février 2008.