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4 septembre – 14 décembre 2013. C’est demain que le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta bouclera ses 100 jours à la tête du Mali. Il a été élu le 11 août 2013 et a prêté serment le 4 septembre.

Face aux grands défis de l’heure, notamment la situation au nord, particulièrement le cas de Kidal, la cherté de la vie, la lutte contre la corruption, nous avons donné la parole à certains hommes politiques dont Choguel Kokalla Maïga du MPR, Mamadou Blaise Sangaré de la CDS, Amadou Koïta président du PS Yelen Kura, Djiguiba Kéïta dit PPR du PARENA …

Choguel K. Maïga : « Nous saluons le sang-froid, la maitrise de soi et même le courage physique par rapport à la situation de Kidal »

Les 100 jours des nouvelles autorités aux commandes du pays ont été analysés en détails au sein du MPR. Ce qu’il faut retenir de notre analyse, c’est que le bilan est mitigé. Concernant les aspects positifs, je pense que la première qualité que nous retenons chez l’équipe de IBK, c’est d’avoir fait preuve de beaucoup de sang-froid, de maîtrise de soi et je dirais même dans une certaine mesure de courage physique par rapport à la situation de Kidal, qui reste comme une épine dans le pied du Mali.

Les provocations du MNLA et associés, l’attitude de la Minusma et de la France ne cessent d’intriguer les Maliens mettant du coup le gouvernement en porte à faux avec l’opinion publique malienne car ne l’oublions jamais, l’une des plus importantes qualités pour lesquelles les Maliens ont plébiscité le président Kéita, c’est l’idée qu’une fois élu, il permettra très vite à l’Etat malien d’asseoir son autorité sur l’étendue du territoire y compris à Kidal. Heureusement, les dernières interventions du président IBK lors de son périple en Europe (à Paris et à Bruxelles) du président Hollande, du ministre français des affaires étrangères et du premier ministre malien Oumar T. Ly dans la presse nationale ont convaincu, je pense, tous ceux qui sont de bonne foi que l’intégrité territoriale du Mali, sa souveraineté et son unité ne sont et ne sauraient être remises en cause. C’est pourquoi, nous estimons que les Maliens doivent redoubler leur confiance au président Ibrahim Boubacar Kéïta car la situation ressemble à une équation très complexe avec plusieurs inconnues et d’impondérables enjeux stratégiques dont la maîtrise et le dénouement demandent un peu plus de temps pour les autorités et la patience de nos concitoyens. En tous les cas, les derniers discours et interventions du président de la République et du premier ministre nous ont rassurés.

Deuxième point positif de l’actuelle équipe gouvernementale à l’issue de 100 jours, c’est la visibilité claire qui se dégage de la feuille de route que le gouvernement vient de rendre publique récemment par la voie du premier ministre. En ce qui concerne ce que nous considérons comme étant des insuffisances et des ratés dans l’action du gouvernement depuis 100 jours, comme il est de tradition au MPR, lorsque nous soutenons l’action du président de la République, nous nous ferons le devoir de lui faire parvenir très prochainement, nos réserves et critiques par les canaux les plus appropriés. Les étaler sur la place publique n’est pas de notre point de vue, la meilleure façon d’agir dès lors que nous soutenons officiellement l’action du chef de l’Etat.

En conclusion de toute notre analyse, au MPR, nous pensons que si la communauté internationale veut réellement aider les nouvelles autorités du Mali à rendre irréversible le processus de stabilisation en cours, elle doit agir concomitamment sur deux axes majeurs : d’un, agir et aider le Mali pour une normalisation rapide de la situation à Kidal, de deux, relancer les projets de développement qui ont un impact direct sur le quotidien des citoyens qui dans leur grande majorité, vivent au jour le jour ».

Djiguiba Kéita dit PPR : «Il faut s’interroger sur l’agenda réel du président par rapport à Kidal»

Cent jours, c’est très peu pour juger. Mais on peut s’interroger, se réjouir et s’inquiéter. Il faut s’interroger sur l’agenda réel du nouveau président en rapport avec Kidal. Comment peut-on s’indigner que Kidal échappe à la souveraineté du Mali et ne pas avoir l’attitude responsable du FDR qui consiste à surseoir à organiser les législatives dans cette région? Comment ne pas en ajouter à l’indignation quand c’est le parti du même président, qui s’est indigné à Dakar devant ses pairs, qui rafle 3 des 4 sièges de députés de Kidal, qui échappe à la souveraineté du Mali et parmi lesquels deux grands rebelles aux mains certainement entachées du sang de nos soldats à Aguel Hoc?

On doit se réjouir de l’arrestation du capitaine Sanogo devenu Général par la capitulation et la trahison des démocrates et des patriotes par Dioncounda Traoré. …. À ce niveau, un grand bravo à un grand magistrat, le procureur général Daniel Tessougué

On doit s’inquiéter du contenu réel qu’on veut donner à la lutte contre la corruption …»

Amadou Koïta : « IBK a déçu le peuple »

Voilà plus de cent jours que le peuple malien a plébiscité IBK au pouvoir avec 77% des voix. A travers ce plébiscite le peuple avait espéré voir un changement dans la gestion des affaires publiques. Les priorités étaient entre autres la gestion du dossier du nord, notamment Kidal, l’amélioration du quotidien du Malien et une justice équitable pour tous. Mais hélas, IBK a déçu plus d’un après son élection à la tête du Mali au lieu de gérer le dossier de Kidal avec responsabilité, le chef de l’Etat a préféré la facilité et la compromission en optant pour l’impunité au lieu de la justice en libérant et en levant les mandats d’arrêt émis contre ceux qui sont à l’origine de notre malheur. Pis, pour avoir la majorité à l’Assemblée nationale il fera élire sur la liste RPM ceux qui revendiquent la division du Mali à travers l’Azawad. Où sont la fermeté, la rigueur ? Où sont la vertu et la justice ?… «

Dr Idrissa Seyba Traoré, enseignant chercheur : « la régulation du panier de la ménagère et la situation au nord doivent être les priorités »

En 100 jours, il est difficile de faire un bilan. Si nous devons nous prêter à cet exercice, je dirai qu’il y a des actes qui ont été posés par le président de la République comme les nombreuses arrestations et interpellations pour des comportements illicites.

Nous voyons que les choses bougent un tout petit peu. Ce n’est pas facile. Mais il faut reconnaitre que l’essentiel reste la résolution des problèmes concrets comme la situation au nord et aussi la régulation du panier de la ménagère. Les produits restent très chers dans l’ensemble. L’école aussi se trouve dans l’impasse. Nous sommes dans l’attente et je pense qu’il y a de l’optimisme dont on peut se glorifier. Au-delà du fait que les résultats restent mitigés.

En ce qui concerne le cas de Sanogo, je pense que c’est un acte normal comme l’interpellation de tout citoyen. Lorsque vous êtes interpellé devant une juridiction, vous devez y répondre. En ce qui concerne sa culpabilité, il revient aux juges d’apporter des éléments de réponses. Je crois qu’il n’y a pas de procès d’intention. Mais ce que je déplore dans cette situation, on est en train de ramener le problème au phénomène bérets rouges et bérets verts. Alors qu’il faut régler le problème dans la plus grande neutralité. C’est en cela que notre pays peut sortir grandi.

Mamadou Sangaré dit Blaise : « En trois mois seulement, la lutte contre la corruption est engagée »

On est convenu simplement qu’on mesure les actions d’un président installé aux 100 premiers jours. Mais moi je suis de ceux qui pensent qu’il fallait peut-être prendre une première année ou même un terme de semi-mandat. Mais néanmoins, je peux déjà vous dire que le cap est tenu parce que depuis son installation, le président IBK a non seulement installé le gouvernement et il a tenu le cap de faire les élections législatives. Ce qui est essentiel et incontournable dans une démocratie semi-présidentielle.

Donc ces élections législatives sont en train de se tenir et encore, il est en train de mettre en place un schéma de gestion de ce qui crée maintenant l’intérêt de tous les Maliens. C’est-à-dire la crise au nord du Mali. On semble oublier que nous ne pouvons pas affronter cette crise-là sans avoir tous les paramètres. Notamment les paramètres internationaux. A savoir qu’il faut d’abord mettre le droit de son côté, le droit international et le droit interne. Il faut tenir aussi en observation tous les paramètres qui peuvent conduire ou non à un affrontement armé. Quand j’écoute les uns et les autres dans la rue, je pense qu’ils s’attendaient tout de suite à ce que l’armée malienne soit mise au front sur instruction du président IBK. C’est cela qui nous revient, car on considère que je suis de la majorité présidentielle. Donc les nouvelles me reviennent et les critiques aussi m’atteignent.

Seulement ma réponse est que le président IBK a promis qu’il va trouver des solutions durables et définitives à cette crise et il s’y s’attèle. Non seulement il est en train de convaincre les partenaires internationaux que maintenant le MNLA se présente sous son vrai jour. Le MNLA se découvre. Comme on le dit, quand tu veux avoir raison sur le scorpion, tu balayes bien ta porte. Et il est en train de bien balayer la porte du Mali pour qu’on se rende compte que le MNLA est le seul belliqueux et que le Mali veut simplement son intégrité territoriale et la paix. Je pense que la démarche est très bonne et cohérente. Et sur le front de la lutte contre la corruption en seulement trois mois, un des corps les plus protégés de la République du Mali est en train d’en payer le prix fort. Donc je dis que les 100 jours du président IBK sont de très bons augures. Il faut simplement que nous ayons la patience de l’attendre sur les 6 mois et pourquoi pas sur la fin de la première année de sa magistrature ».

La Rédaction

L’Indépendant du 13 Décembre 2013