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Le dixième Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad) s’est ouvert hier au Palais des congrès de Cotonou en présence d’une vingtaine de chefs d’État dont le président de la République Amadou Toumani Touré et le frère Guide de la révolution libyenne Muammar Khadafi, le concepteur de l’organisation régionale.

Elle intervient à quelques jours de la tenue du prochain sommet de l’Union africaine (UA) où se discuteront des thèmes transversaux comme le gouvernement de l’Union dont l’éventuelle mise en place divise encore les pays de l’Union africaine. Ce dixième sommet marque aussi le point de départ d’une nouvelle dynamique.

En effet, conçue à l’origine comme un cadre de concertation mis en place le 4 février 1998 en Libye par une demi douzaine de pays riverains du Sahara et du Sahel, sous l’impulsion du Guide de la révolution libyenne, la Cen-Sad est devenue depuis un véritable outil d’intégration au service du continent.

Après une phase d’enracinement institutionnel, la Communauté aborde à présent l’étape d’élaboration et d’exécution des grands projets et programmes pour l’intégration et le développement des États membres.

Il s’agira pour les chefs d’État d’examiner à Cotonou les dossiers relatifs aux questions économiques, sociales et juridiques, notamment la libre circulation des personnes, ainsi que la sécurité alimentaire.

Ce dernier point est d’autant plus important que la flambée des cours des denrées alimentaires dans le monde (+ 53 % au cours des 4 premiers mois de 2008 par rapport à la même période de 2007) touche de plein fouet les pays les plus pauvres et provoque un peu partout en en Afrique des émeutes de la faim.

La Communauté représente 45 % de la superficie de l’Afrique, 48 % de la population du continent et 44 % de son produit intérieur brut. En dépit de ces potentialités, nombreux sont les pays de la Cen-Sad qui n’arrivent pas assurer leur autosuffisance alimentaire. Il est temps de réfléchir à des démarches volontaristes, susceptibles d’inverser cette tendance, afin que ces pays puissent assurer leur développement dans la quiétude.

A cet effet, l’hôte du sommet, le président béninois le Dr Yayi Boni a invité les pays de l’organisation à unir leurs efforts pour faire face aux déséquilibres conjoncturels et structurels qui affament le continent et entravent le développement des pays de la Cen-Sad.

Le chef de l’État béninois a proposé la création d’une autorité de coordination des politiques agricoles et alimentaire dans l’espace Cen-Sad ainsi que la mise en place d’un fonds de développement agricole pour assurer le financement des projets de développement agricole qui nécessitent de gros moyens financiers.

Il a aussi insisté sur la nécessité de développer la recherche agricole, la mécanisation de l’agriculture et la maîtrise de l’eau, entre autres. Cotonou va donc réfléchir à de nouvelles démarches pour sceller davantage une approche collective dans ces différents domaines.

La Conférence examinera notamment le projet du plan communautaire de développement des infrastructures, ainsi que d’autres questions importantes pour la promotion de l’intégration dans l’espace communautaire. Les chefs d’État devraient aussi évoquer le processus de paix en Côte d’Ivoire, la crise dans la région soudanaise du Darfour et dans le Delta pétrolier du Niger (sud du Nigeria).

A cet égard, la conférence a constaté avec satisfaction les avancées significatives enregistrées dans le règlement des conflits en Cote d’Ivoire, en Erythrée, en Centrafrique, au Tchad, au Soudan en Somalie.

Le secrétaire général de la Cen-Sad a insisté sur la nécessité de préserver la paix du continent pour se consacrer à son développement. Il a rejeté la violence comme moyen de revendication ou de chantage et a condamné toutes les tentatives de renversement de l’ordre constitutionnellement établi.

Le Dr El Azari el Madani a invité les pays membres de la Cen-Sad à faire bloc au prochain sommet de l’UA de Charm ElCheick pour faire aboutir le gouvernement des États unis d’Afrique. Le Guide de la révolution a abondé dans le même sens.

Mouammar Khadafi a dénoncé à l’occasion les tentatives européennes de mettre en place l’Union euro-mediterranéenne défendues par les pays européens et toutes les autres opérations montées pour diviser l’Afrique. Le président de la Commission de l’UA a réaffirmé la détermination de son organisation à accompagner la Cen-Sad dans la réalisation des ses ambitions.


Envoyé spécial

B. COULIBALY

LES AMBITIONS DE LA CEN-SAD

La réalisation de l’intégration, l’unité et le développement des États membres sont, entre autres, les objectifs prioritaires à atteindre pour la Cen-Sad qui est passée de 6 adhérents au départ à 25. La Communauté oeuvre aussi à l’instauration de la paix dans les États membres et à leur développement économique à travers plusieurs initiatives sur le continent.

Créée le 4 février 1998 à Tripoli, sous l’impulsion du Guide Mouammar Kadhafi, la Cen-Sad vise à « établir une union économique » grâce à « la suppression des entraves » à la libre circulation de leurs ressortissants et des capitaux dans ses États membres.

La Communauté dont le siège se trouve à Tripoli, regroupait jusqu’à l’ouverture des travaux de la dixième session outre la Libye, Burkina Faso, Mali, Soudan, Tchad, Niger, Erythrée, Centrafrique, Sénégal, Gambie, Djibouti, Nigeria, Tunisie, Maroc, Somalie, Togo, Guinée, Comores, Bénin, Egypte, Guinée Bissau, Côte d’Ivoire, Liberia, Ghana et Sierra Leone.

La rencontre de Cotonou analysera la demande d’adhésion du Kenya, de Sao Tomé et Principe et de la Mauritanie dont les chefs d’État se sont succédés à la tribune pour marquer leur pleine adhésion aux principes et à la philosophie de l’organisation.

La Cen-Sad est également une institution qui dispose de plusieurs organes. Il y a tout d’abord le Conseil exécutif, chargé de la préparation des programmes et des plans et qui assure l’exécution des décisions de la Conférence des leaders et chefs d’État de la communauté.

On trouve ensuite le secrétariat général, chargé de la gestion au quotidien et du suivi du fonctionnement des institutions de la communauté ; la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce, chargée du financement des projets de développement économique de la communauté ; et le Conseil économique social et culturel, organe consultatif chargé de la conception et de l’élaboration des programmes à caractère économique, social et culturel.


18 Juin 2008