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  L’Inter de Bamako
Le conflit touareg au Mali : Vers un territoire « Azawad » ?

Les historiens nous enseignent que la première rébellion a commencé aux premières années de l’indépendance (1963-64). Elle avait déjà pour principale revendication la création d’un Etat touareg. A travers ce refus d’intégrer le nouvel Etat indépendant, beaucoup de Touaregs ont continué à manifester leur hostilité à l’encontre des « sudistes » qu’ils appellent « Kel Mali en uniforme ». Très vite, elle fut écrasée par le pouvoir central de Modibo Keïta.

Après la décennie 1970-1980, marquée par la crise du Sahel (sécheresse et famine qui ont décimé l’essentiel du cheptel et occasionné des départs massifs des populations nomades touarègues vers les Etats voisins, Algérie, Libye, Burkina Faso…), les jeunes Touaregs revinrent, en 1990, avec des armes pour libérer leur territoire de la main « Noirs sudistes », menant ainsi une véritable guérilla contre les forces gouvernementales.

Pour de nombreux anciens rebelles que nous avons contactés, c’est la répression de la rébellion des années des années 1960 (par le pouvoir central dirigé par Modibo Keïta) qui a donné aux différents mouvements touaregs la force de vouloir défendre leurs parents qui se sont révoltés. Il en était de même pour la défense de leur spécificité touarègue.

Ainsi, dans l’euphorie des premiers jours de lutte, en 1990, (le désir de se doter d’un territoire), les fronts armés se sont d’abord positionnés par rapport à cette dimension en créant le Front de libération du peuple touareg (FLPT) et le Mouvement de libération touareg (MLT). Ainsi se sont affirmés le Mouvement populaire de l’Azawad (MPA), le Front islamique et arabe de l’Azawad (FIAA), le Front populaire pour la libération de l’Azawad (FPLA) et d’autres organisations.

Toutefois, les affrontements et les violences ont cessé avec l’adoption d’un Pacte national signé entre le gouvernement et les différents mouvements touaregs, en 1992, au Mali. L’un des principaux points de cet accord exigeait l’allègement du dispositif sécuritaire au Nord, la réinsertion des ex-combattants rebelles dans les structures militaires et administratives et enfin la mise en place d’un vaste programme de développement des régions du Mali-Nord.

Et pourtant, le pouvoir central a toujours craint une reprise de la violence et cela bien après la cérémonie de la « Flamme de la paix » de 1996 qui avait marqué la fin des hostilités. Cette crainte était partagée par tous, car, les Touaregs ont toujours mis en cause la lenteur de l’application et de l’abandon des accords passés, que ce soit le Pacte national des années 1990 ou l’accord d’Alger de 2006.

Si l’issue des conflits précédents prévoyait l’adoption d’un statut particulier pour Kidal, il n’en reste pas moins que le souhait de certains Touaregs aujourd’hui, est la création d’un Etat, l’Azawad, soutenu par le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), où cohabitaient les différentes composantes des populations du Mali-Nord. D’une manière générale, il s’agissait de mettre un terme aux discriminations dont elles étaient victimes.

Cependant, dans les années 1990 et 2006, les rébellions ne faisaient pas courir le risque d’un démembrement du Mali, car rarement les actions des différents mouvements touaregs dépassaient les limites qui sont habituellement reconnues à l’Azawad.

Abdoulaye TAMBOURA, « Le conflit touareg et ses enjeux géopolitiques au Mali »

Du 23 Avril 2018

 

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