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  L’Inter de Bamako
La crise malienne est profonde : Il faut des hommes pour sauver l’avenir !

Comme un seul homme, le peuple s’est levé, en 1991, pour dire au régime rétrograde de Moussa Traoré que trop c’est trop : ca suffit ! La suite, on s’en rappelle : le Mouvement démocratique a eu raison du règne sans partage du général d’armée.

Les raisons du soulèvement populaire de 1990-1991
Moussa accédé au trône au Mali par un coup d’Etat militaire contre le régime nationaliste de Modibo Keïta. C’était le 19 novembre 1968. Dix (10) ans de vide politique ont suivi ce cynique forfait du Comité militaire de libération nationale (CMLN). Ce vide politique avait pour but de faire un lavage de cerveau aux citoyens acquis à la cause de la première République et de ses dirigeants en sorte que l’œuvre patriotique du président Modibo soit désormais classée dans le musée de l’histoire nationale. De 1968 à 1991, Moussa a sapé avec hargne les fondements de la dignité de tout un peuple.

Sur le plan économique, le régime s’est employé au Mali à créer le substrat de la misère et de la désolation : la rareté chronique et la modicité des salaires des salaires restent fraîches dans la mémoire collective des masses travailleuses de notre pays.
En lieu et place du travail patriotique et responsable du régime nationaliste de Modibo Keïta, le militaire Moussa Traoré a œuvré a fondé au cœur de nos mœurs, coutumes et traditions nationales la gabegie, l’escroquerie, l’affairisme, la concussion, l’irresponsabilité, le sauve- qui- peut, l’achat des consciences, la corruption et la délinquance financière. Las de cette humiliation et de cette désinvolture imposées à notre peuple travailleur, les Maliennes et les Maliens ont fini par se rendre à l’évidence que seule la lutte révolutionnaire paie contre l’apache régime militaro-udpmiste du général Traoré.

Le 26 mars 199, les Maliens (jeunes et vieux, hommes et femmes) sont venus à bout dudit régime. Le cri de cœur en chœur des masses laborieuses du Mali avait désormais toutes les chances d’êtres attendues par l’exécutif au sommet de l’Etat malien.

Le bilan macabre d’une gestion
Sans vouloir faire ici le bilan exhaustif de la gestion de nos affaires par les putschistes de novembre 1968, il convient de retenir son caractère macabre :
Moussa a régné en maître absolu sur les destinées de notre pays pendant vingt-trois longues années. Le bilan funèbre de ce règne réside dans la liquidation sans vergogne des sociétés et entreprises d’Etat construites au prix d’intenses efforts et de privation de notre peuple. Le caractère rarissime avait fortement marqué le paiement des salaires des travailleurs maliens. Cet état de fait a engendré le ras-le-bol de toute une nation qui rayonnait par sa grandeur d’âme et son sens élevé de la dignité et de l’honneur pendant huit courtes années de gestion patriotique de nos affaires par Modibo Keïta.

La désertification intellectuelle avait pris corps chez nous au grand dame des patriotes maliens : les bruits de bottes des sbires du régime imposaient le silence sur les gâchis perpétrés par des hommes et des femmes qui se maintenaient au trône par la bâillonnette.

La misère économique avait fini par avoir raison d’une bonne partie des dignes fils du Mali, intronisant ainsi chez nous, hélas, la débrouillardise, le vol, les détournements de deniers publics, la surfacturation et la fourberie.

Le Mouvement démocratique a trahi les aspirations du peuple malien
Lorsque le ‘’Mouvement démocratique’’ s’est emparé du pouvoir en 1991, les masses laborieuses ainsi sacrifiées bien de leurs enfants pour le Mali avaient raison de croire qu’à partir de mars 1991, rien ne devrait plus être comme avant dans notre pays. Le cri de cœur était ‘’An tè kôrolé fê fô kura’’, il faut le kokadjè.

Ironie du sort ? Depuis la nuit de la chute du dictateur sanguinaire, des félins du ‘’Mouvement démocratique’’ parsemés dans les rangs dans nos masses combattantes et de notre armée nationale se sont investis à faire croire que le kokadjè serait dommageable à tous. Le procès Moussa fut un grand bluff teinté de vacarmes patriotistes assourdissants.

Aujourd’hui, le sanguinaire Moussa se taille une retraite dorée à Djicoroni-Para. Tous les patriotes sincères et démocrates convaincus ont compris que ledit procès avait lieu pour détourner l’attention du peuple sur les peines que devaient encourir Moussa et son régime. C’est en cela que nous avons compris que ATT l’a arrêté pour le protéger. On pouvait comprendre déjà que les ‘’démocrates’’ qui se sont installés aux affaires en lieu et place de Moussa avaient les mêmes plumages et donc les mêmes ramages que le dictateur sanguinaire (à la seule différence que la dictature de ces démocrates est rampante). Ils ont fini par être démasqués à la faveur du temps. Ainsi :
Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré (ATT) et l’actuel président de la République Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) ont prouvé à notre peuple travailleur que leur gestion du pouvoir n’avait en aucun moment pour gage de servir autrement notre pays. Tous les trois présidents ont un dénominateur commun : se servir du Mali au lieu de le servir vraiment.

Le résultat est aujourd’hui à la portée de tous les Maliens de bonne foi et doués du moindre sens de l’honnêteté : le grand Mali a été sabordé au dépens de ceux qui ont sacrifié leurs enfants pour l’avènement d’un Mali nouveau, respectable et respecté par tout en Afrique et dans le reste du monde.

Hélas ! Tout se passe aujourd’hui comme l’aurait prédit cette locution latine : « Parturiunt montes ; nascetur ridiculus mus » (les montagnes sont en travail, il en naîtra une souris ridicule). Le constat est aujourd’hui patent : ces ‘’démocrates’’, dans leur écrasante majorité, n’ont rien de bon à donner aux masses laborieuses du Mali. Ils doivent être compris et traités comme tel car le Mali n’a que trop souffert de leur gestion calamiteuse et de leurs phraséologies démocratistes creuses.
Ces derniers temps, les politiciens criquets sont à la recherche, à coût de présences édulcorées à toutes les rencontres de masse, d’un nid dans les feuillages de la politique politicienne en attendant être débusqués par le vent du changement révolutionnaire. Pensant se remettre en selle à la faveur du cri de cœur du peuple relayé ça et là par les Maliens au service du peuple travailleur.
Point n’est besoin de dire que la course contre la montre a bien lieu aujourd’hui dans notre pays :
- Le régime IBK et tous ses anciens compagnons n’ont nul intérêt à perdre le pouvoir au risque de se voir rattraper par le temps.
- Ceux qui veulent le changement pour qu’enfin le Mali soit géré autrement.
- Les ‘’démocrates’’ qui tentent de s’accrocher par des moyens frauduleux en tentant de d’éveiller les appétits gloutons de ceux qui se laissent remorquer par des discours, des gestes temporaires et des billets de banque.
A leur sujet, Fidel Castro disait : ’’Il n’est pas difficile d’éveiller les appétits, les instincts négatifs, l’égoïsme de l’homme.’’ A ceux qui se battent pour le changement à l’avantage des masses laborieuses, il conseille : ’’L’homme doit être éduqué.’’ En conclusion, il dit aux premiers : ’’Le vice est spontané’’ et aux seconds : ’’La vertu elle, doit être cultivée.’’

A cette étape de la bataille pour les positionnements politiques dans notre pays, il importe de dire à notre jeunesse, aux hommes et aux femmes qui rêvent d’un Mali nouveau d’assimiler avec conviction profonde ces lignes de Lénine : « Les hommes ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïfs des autres et d’eux-mêmes, tant qu’ils n’auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts de telle ou telle classe. »

Aujourd’hui, il faut absolument des hommes neufs et crédibles pour sauver l’avenir du Mali. Ce n’est là qu’une question de dignité et de services rendus au peuple pour avoir sacrifié bien de ses filles et de ses fils pour que plus jamais rien ne soit comme avant dans ce pays des fiers guerriers et des dirigeants austères.

Fodé KEITA

Du 23 Avril 2018

 

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