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  L’Indépendant
7ème édition du festival international de Gao : Le grand rendez-vous de la culture songhoy

La septième édition du festival international des arts et de la culture songhoy s’est tenue à Gao du 9 au 12 février dernier. Placé sous le haut patronage du gouverneur de la région de Gao, le colonel Amadou Baba Touré, ce festival a enregistré la participation de délégués venus du Niger, du Burkina et du Bénin.

L’invité d’honneur était le maire de Courneuve en banlieue parisienne qui apporte son assistance aux associations des ressortissants de la Boucle du Niger. Au menu, colloques sur la langue et la culture songhoy, défilé des communautés, concerts, courses de chevaux et de chameaux, conférant à l’événement les dimensions d’une véritable fête populaire.

Sponsorisé par Bramali, Mme Touré Lobbo Traoré, le président de l’Assemblée nationale, le premier ministre avec l’appui technique et financier du ministère de la culture, aux dires du chef de cabinet de Cheick Oumar Sissoko, ce festival fut un vrai rendez-vous de la culture songhoy.

Son but premier est d’apprendre aux communautés à mieux se connaître en détruisant les barrages entre les peuples. Sur ce chapitre les objectifs sont atteints puisque pendant quatre jours Peuls, Tamacheks, Arabes, Songhoy, Armas, Batondos du Bénin ont vécu en communion au cours d’une fête grandiose sous l’œil des caméras de la presse internationale venue en masse.

Toujours selon le chef de cabinet du ministre de la culture "les populations avaient soif de revivre leur passé et ce festival contribue au rayonnement du Mali de par la qualité et le nombre des participants".

Le directeur de cabinet du gouverneur de la septième région a, quant à lui, parlé d’un grand espace sous-régional songhoy qui va du Mali au Bénin en passant par le Niger, le Burkina et le Nigeria. C’est un espace de brassage entre les peuples dans lequel il faut réhabiliter la culture surtout dans un monde de plus en plus agressé par le matérialisme.

A présent, a-t-il dit, il faut donner une dimension économique au festival en instituant une sorte d’émulation entre les associations, les communautés et les villages. D’autres diront encore que la bataille de la culture faisant rage au sein de la communauté internationale, il faut faire la promotion de la langue songhoy dans le cadre de l’Union Africaine, l’enseigner aux enfants dès le bas âge car, estiment-ils, la non utilisation de nos langues est un facteur de retard alors même que le songhoy est une langue transfrontalière.

Actuellement 5 à 6000 langues sont parlées dans le monde, a dit Alassane Amadou Maïga de l’ASECNA à Dakar. Selon lui, la première université d’Afrique a été construite au 9ème siècle à Gao et certains de ses manuscrits sont toujours conservés à l’université Al Azar au Caire.

Rappelons que malgré un léger retard sur le calendrier, l’Association pour la réhabilitation et la promotion de la culture songhoy (ARPCS) a relevé le défi de la mobilisation. Il fallait le faire car les festivaliers sont venus en masse et de divers horizons.

L’accueil et l’hébergement n’étaient pas chose aisée. Mais plus que tout autre, un homme s’est particulièrement distingué au cours de ce festival. Il s’agit de Amadou Maïga, le directeur de radio Liberté. Faisant preuve d’un dynamisme extraordinaire, il était au four et au moulin pour toutes les délégations. C’est lui également qui était le grand maître de cérémonie du festival sur la place publique, faisant feu de tout bois. Gao lui doit une fière chandelle.

Les lampions se sont éteints sur la 7ème édition du festival international des arts et de la culture songhoy, vivement la huitième édition.


Mamadou Lamine DOUMBIA

Le tombeau des Askia, patrimoine mondial de l’humanité

Dans la foulée du festival, les participants ont eu droit à une visite guidée du tombeau des Askia et du site de la mosquée de Kankou Moussa. Classé patrimoine mondial de l’humanité, ce monument témoigne de la puissance de l’empire songhoy aux XVème et XVIème siècles.
« Enlevez vos chaussures, ici c’est une terre sainte », c’est par ces mots prononcés à la manière d’une injonction divine qu’un petit garçon de 14 ans nous accueille une fois franchi le seuil du tombeau des Askia.
Au cours d’une visite guidée, il nous explique les moindres détails sur cette œuvre gigantesque qui accueille bon an mal an des milliers de visiteurs. Ainsi nous apprenons qu’elle a été construite en 1495 par Askia Mohamed ou Askia le Grand de retour de la Mecque sur le modèle des pyramides d’Egypte notamment celle de Squarrah. En effet, Askia Mohamed avait fait escale au pays des pharaons.
D’après le guide il a ramené de ce périple le bois et le banco originels qui ont servi à bâtir les premières fondations du tombeau. Puis pour le préserver de l’usure du temps, celui-ci est restauré tous les cinq ans par les maçons de la ville de Gao. Askia Mohamed a ordonné de boucher toutes les issues et de ne laisser aucune porte.


Liste des imams descendants de Askia Mohamed

1- Moussa Iboun Alzoumi
2- Abdel Kader Iboun Moussa
3- Salihou Abdel Kader
4- Shissa Salikou
5- Aliman Shissa
6- Gamado Aliman
7- Arboncana Gamado
8- Almahady Arboncana
9- Issa Almahado
10- Mohamed Almahady
11- Moussa Aliou

Le ministre de la culture et le gouverneur de Gao font faux bond

Le festival international des arts et de la culture songhoy était placé sous le haut patronage du gouverneur de Gao, le colonel Amadou Baba Touré.

Malgré tout cet honneur dû à son rang, ce militant issu du peuple n’a pas cru devoir se présenter à la cérémonie d’ouverture ni même daigné faire le figurant pendant le reste du festival. Cela ne laisse guère une bonne image du Mali eu égard à l’arrivée d’hôtes venus de pays lointains.

Il s’est tout simplement fait représenter par son directeur de cabinet qui a fait ce qu’il pouvait faire. Idem pour le ministre de la culture, Cheick Oumar Sissoko qui n’a pas fait le déplacement de Gao. Malgré son appui technique et financier, le ministère de la culture est resté en marge du festival.

Mais si tous ces hauts responsables qui claironnent à longueur de journée la promotion de la culture ont montré leur peu d’intérêt pour la culture songhoy, il n’en fut pas de même pour la presse. En effet, le festival international de Gao comme son nom l’indique fut hautement médiatisé. Et par la presse nationale, publique et privée que par la presse internationale, surtout les chaînes de télévision étrangères. Ce sera l’une des plus grandes consolations des organisateurs. Car qui mieux que la presse peut faire la promotion de la culture songhoy ?

MLD

Fakoly au pays des Songhoy

Les illustres Askia Mohamed et Kankou Moussa et le farouche Fakoly Doumbia ont tous été à la Mecque. Si les deux premiers ont ramené le saint Coran et toute l’érudition qui s’ensuit Fakoly, lui, d’après la légende, a ramené les " bolis " les plus puissants de la terre.

Pour le bien ou pour le pire, même si pour la tradition musulmane le fétiche est étroitement associé à Satan. C’est le signe, en tout cas, que les Arabes des temps anciens étaient des " kufr " que le prophète Mohamed (PSL) est venu délivrer du sort de la géhenne.

Mais tout cela c’est de l’histoire ancienne qui constitue la réalité d’aujourd’hui. Je suis tombé des nues quand on m’a appris qu’il y a des Doumbia songhoy. Après les premières étourderies, je suis revenu sur terre parce que mon confrère, le directeur de radio Liberté, Amadou Maïga, ne cessait de me marteler sans cesse à l’oreille " mon cousin, mon cousin " ainsi que tous les Sonrhaïs que j’ai rencontrés à Gao.

Ainsi Tiégoum Boubèye Maïga et tous les coroboros sont des descendants de Fakoly. Alice est de retour du pays des merveilles.

15 février 2007.

 

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