Si jusque-là pour sa sympathie jugée protubérante pour le Mnla, la France n’était plus la tasse de thé des Maliens, l’action rapide et décisive de François Hollande à leurs côtés les réconcilie désormais.
Pour des raisons d’orgueil fort compréhensibles car tout le monde aurait voulu que la raclée aux agresseurs fût le seul fait des forces maliennes et pour des raisons de cohérence avec des incohérences premières, il n’y aura pas d’unanimité ici autour du geste historique de la France depuis jeudi. Mais l’important, c’est le soulagement des populations de Mopti qui s’apprêtaient à abandonner leurs foyers la mort dans l’âme, l’espoir que la leçon de Konna soulève dans les autres zones occupées, le coup d’arrêt porté à la progression d’un récusable projet de réislamisation. Depuis jeudi donc, dans nos chaumières comme dans nos palais, le sauveur du Mali s’appelle François Hollande.
Son engagement devient plus méritoire avec les risques plus accrus qu’encourent désormais ses compatriotes détenus dans l’intrigant entrepôt d’otages que nous avons laissé le Mali devenir. Ceci dit, Hollande n’a pas agi que par simple tropisme malien. S’il a été si prompt dans la décision, c’est que le verrou de Konna ne sautait que pour le malheur de la sous région ouest africaine, de l’Afrique du Nord et de l’Europe. Car jamais avant Konna, en dépit des avertissements d’experts, le péril n’avait paru aussi global.
Tout le monde en est maintenant convaincu d’où le branle-bas général vers le Mai dont l’Histoire s’accélère avec la chiquenaude française. Mais l’hydre salafiste a la vie dure et il ne faut surtout pas vendre la peau de Abuzeid avant de l’avoir abattu.
Adam Thiam
Le Républicain du 14 Janvier 2013
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