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  L’Indépendant
Chronique du Ramadan : A propos de la détermination du début de Ramadan

A l’occasion du mois sacré de Ramadan (4ème pilier de l’Islam), chaque année et pour déterminer le début du mois du jeune, la religion musulmane pose pour principe la constatation oculaire du croissant et impose la fixation unanime d’une date unique du début puis de la fin de ce mois sacré au sein d’une même communauté ou d’un même pays.

L’Islam, dans ses fondements, est une religion universelle dont les pratiques sont d’ordre communautaire. Ainsi tous les piliers de nature culturelle sont destinés à la Ummah entière pour des moments bien précis.

Cependant le Ramadan, mois de communion par essence fait très souvent l’objet de beaucoup de polémiques pour l’établissement de son début et même de sa fin, si bien qu’on a l’impression que chaque pays ou chaque ville ou même chaque village possède son Ramadan, à part.

Alors, pourquoi de telles disparités ?

Et quelle pourrait être l’approche la mieux indiquée de nos jours au vu des connaissances actuelles sur la question ? Tels sont là les questionnements auxquels nous voudrions modestement apporter un éclairage dans les lignes qui suivent.

Allah, le Très-Haut a décrété : " Quiconque d’entre vous, verra la nouvelle lune jeûnera le mois entier ". Et Son noble Messager explicite cela en disant : " Ne jeûnez que si vous voyez le croissant, ne rompez le jeûne que lorsque vous l’apercevrez à nouveau. Si cela vous est difficile, comptez les jours ".

Ces injonctions d’Allah et de son Envoyé établissent le principe général de détermination du début et de la fin du jeûne de Ramadan. Pourtant, leur compréhension ne semble pas évidente pour tous les Ulémas ; elles donnent lieu à des interprétations diverses

Une universalité de la vision du croissant lunaire

Certains jurisconsultes comme Abou Hanifa, Ahmad Ibn Hanbal, Al Mawardi pensent qu’il suffit que le croissant soit aperçu à l’horizon par un groupe de croyants, dignes de témoignage, pour qu’on considère que tous les fidèles du monde musulman l’aient aperçu.

Pour eux, le Prophète (saw) en disant : " … que si vous le voyez " voudrait signifier que si l’on témoigne de son apparition, dès lors, l’obligation du jeûne devient applicable aux musulmans dans leur ensemble, quelles que soient les frontières ou les distances qui les séparent. Cependant, cette thèse est loin de faire l’unanimité parmi les savants.

Vers une vision indépendante du croissant lunaire

Contrairement aux premiers, l’Islam Chafii, l’Islam Malick, Ishaq Ibn Rahaweih et autres jurisconsultes pensent qu’on ne saurait étendre la vision d’un pays à l’ensemble du monde musulman. Pour eux, à la lumière du récit d’Ibn Abbas, l’information perd sa véracité avec la distance. Car Ibn Abbas cousin et compagnon du Prophète (saw), n’avait p

as tenu compte de la vision du croissant à Cham (en Syrie) que lui avait rapportée koureib en voyage à Médine. Alors l’expression " …lorsque vous le voyez " du prophète n’aurait pas un caractère absolu ; elle serait tout simplement relative à un espace géographique donné. Ce qui fait penser à des considérations d’ordre scientifique.

La question de la lune, un phénomène éminemment scientifique

Le phénomène de la lune, loin d’être un fait banal, est une question hautement scientifique.

Il s’agit en réalité d’un fait naturel qui obéit à des normes préétablies, à l’image du soleil qui, dans sa course apparente, détermine les heures, les jours et les années.

La lune tourne de façon naturelle autour de la terre en 27 jours, 7 heures, 43 minutes ; correspondant à sa révolution sidérale. Cette révolution s’effectue à une distance moyenne de 384 000 km de la terre. Dans le même temps, la lune effectue sa rotation complète sur elle-même. C’est pourquoi elle présente toujours la même face à la terre. Et à l’image de cette dernière, elle est dépourvue de lumière propre ; elle ne fait que réfléchir la lumière qu’elle reçoit du soleil.

Par conséquent, un de ses deux hémisphères reste en permanence obscur tandis que l’autre est éclairé. Cependant, elle présente huit différents aspects ou phases lors d’une révolution complète : le premier croissant, le premier quartier, le dernier croissant et la nouvelle lune. C’est cette dernière phase qui nous est la plus difficile à déterminer. A ce stade, la lune se trouve placée entre le soleil et la terre, présentant ainsi son hémisphère obscur à la terre et, de ce fait demeurant invisible ; d’où la problématique de la vision du premier croissant, annonçant un mois nouveau.

Toutes ces phases se déroulent suivant un cycle de 29 jours 12 heures 44 minutes correspondant à la révolution synoptique appelée lunaison ou mois lunaire.

Alors par convention, on dit que le mois lunaire dure 29 ou 30 jours tout comme on admet que le jour solaire dure 24 heures tandis que le jour vrai ou sidéral correspond à une rotation complète de la terre sur elle-même est de 23 heures 56 minutes 4 secondes. De ce fait, nous constatons que le phénomène naturel d’apparition de la lune devient une question de vision selon les régions du monde.

De l’apparition de la lune à sa vision

Très souvent on constate que la lune apparaît juste après le coucher du soleil, à l’horizon de certaines régions, tandis que d’autres contrées ne l’aperçoivent qu’au cours de la nuit suivante.

Cela s’explique de façon simpliste par le fait que le soleil ne se couche pas partout sur la terre à la même heure.

Mais en réalité, il s’agit d’une question de localisation sur le globe. Car le phénomène s’apparente à celui de la détermination des heures à la surface du globe ; tous les deux sont des corollaires du mouvement des astres.

En fait, la terre au cours de sa rotation sur elle-même fait passer l’heure d’un méridien à un autre. Aussi chaque méridien à un autre. Aussi chaque méridien possède-t-il son heure vraie ou heure solaire. Mais pour des raisons de commodité, on a opté pour l’heure légale ou heure officielle qui est valable pour un fuseau horaire donné soit une étendue de 1 666,650 km.

Cela nous amène à penser à une situation pareille pour la lune. Car la lune apparaît, logiquement, au même moment pour tous les lieux situés sur le même méridien tout comme ceux-ci aperçoivent le soleil au zénith au même moment. Cependant, il se peut que des manifestations atmosphériques empêchent une observation claire du croissant lunaire.

C’est d’ailleurs ce à quoi le Prophète de l’Islam faisait allusion quand il annonçait " …Comptez les jours ". Cette autre approche de détermination du début ou de la fin du mois venait d’être suggérée à la grande satisfaction des partisans du calendrier.

Le calendrier, une dernière solution à la question lunaire ?

Le calendrier, système de division du temps, présente un tableau des jours de l’année. Ainsi permet-il de " compter les jours " pour déterminer la succession des mois. Mais au vu des nombreuses tribulations de ce système de division du temps, l’on se pose la question de savoir s’il pourrait être la dernière solution à la question lune.

On se rappelle encore le passage du calendrier romain, comprenant 12 mois lunaires, au calendrier julien, comptant 365 jours, en l’an 708 de Rome. Puis de la transformation de ce dernier en calendrier grégorien en 1582 à cause des 10 jours de retard qu’il accusait déjà sur le temps normal et que le pape Grégoire VIII voulut corriger en décrétant de faire suivre directement le Jeudi 04 Octobre 1582 du Vendredi 15 Octobre 1582.

Nonobstant cette correction, le calendrier grégorien est actuellement à 13 jours d’avance sur le calendrier julien. Alors quelle assurance pourrait-on avoir en décrétant de confier le Ramadan, à un tel système de calcul du temps qui semble bien loin d’en finir avec ses mésaventures ?

Au demeurant, rappelons que le calendrier dit musulman (Hégirien) obéit aux mêmes principes. Seulement il a un cycle de 346 jours au lieu des 365 jours ou 366 jours pour le calendrier grégorien.

C’est pourquoi nous pensons que le calendrier peut jouer un rôle indicatif ; mais l’ériger en norme de détermination du début ou de la fin du mois de Ramadan nous paraît assez osé.

Que faire donc ?

Il semble qu’on peut se servir de système de calcul du temps, du calendrier par exemple, à la lumière des données géographiques et astrologiques pour concilier les positions des ulémas.

En effet, le mot " Chahida " employé dans le verset 185 de la sourate II du Saint Coran conditionnant le début du jeûne revêt, selon la plupart des Ulémas, le sens de " assister à, être présent à ". Alors on pourrait traduire le verset comme suit : " Celui d’entre vous qui se trouvera dans cette cité au moment de la nouvelle lune, qu’il jeûne le mois entier " tandis que le voyageur, par exemple, ne sera pas tenu de jeûner. Il apparaît donc que le fait de se trouver à tel endroit à la nouvelle lune est bien plus clair et d’une portée plus générale que la notion de vision de vision ou de calcul réduit à l’échelle du village ou de l’individu.

Cela nous conduit à la position intermédiaire qu’approuve la plupart des docteurs (en théologie) de nos jours qui veut que lorsque le croissant lunaire serait aperçu dans un pays, les autres pays non loin du premier, puissent observer le jeûne. Cela pourrait s’expliquer géographiquement par le fait que ces pays appartiennent au même " fuseau lunaire " à l’image des fuseaux horaires. Si ceci était admis, pourquoi ne pas instituer une collaboration, voire une coordination entre les différentes commissions nationales d’observation de la lune dans la sous région ?

Tout compte fait, il y a lieu d’être vigilent et tolérant. Puisque l’objectif ou la finalité du Ramadan n’est nullement se s’abstenir de manger, de boire ou d’avoir du commerce charnel ; l’essentiel réside dans la recherche de l’agrément d’Allah, dans l’amour et la communion en Dieu. Pourvu que chacun soit sincère dans ce qu’il fait,…seul le Seigneur demeure omniscient.

Mohamed KIMBIRI

AISLAM (Association Islamique pour le Salut)

Billet du Ramadan :Un bouc émissaire tout trouvé

Lorsque les Hébreux sentaient le mal peser trop lourd sur leurs frêles épaules, ils apposaient leurs mains sur un bouc transféraient tout sur ce pauvre animal, avant de l’envoyer paître dans la forêt. Mais cette pratique ne nous a jamais dit ce qu’il advenait ensuite de l’animal. Revenait-il vivre dans un troupeau domestiqué ? Adoptait-il une vie sauvage pour rester vivre dans les bois ? Mourrait-il de honte et de désarroi ?

Ce mystère du bouc-émissaire n’a révélé ses secrets que bien des siècles plus tard, lorsqu’avec les méthodes d’un autre temps, on se résolut à abandonner pareilles pratiques. En réalité, négativement chargé et lâché par l’officiant qui a fini de marmonner ses incantations, le bouc devenu indésirable sortait par la porte d’orient pour revenir par celle d’occident, après avoir fait un petit tour dans les bois qui apparemment le purifiait.

Mais quel rapport avec le Ramadan serait-on tenté de me demander. Justement, il suffit d’être un tant soit peu attentif pour comprendre. Que dire de ceux qui ne prient et ne louent Dieu que pendant le mois de Ramadan ?

Pourtant l’angoisse existentielle est telle que, tous les jours, les rues sont jonchées de feuilles et racines négligemment jetées après les bains occultes. Les œufs sont cassés aux carrefours pendant que quelque part une bonne omelette aurait sauvé la vie de quelqu’un. Pendant tout ce temps, les mosquées ne se remplissent que les vendredis. Mais passez en ce soir de ramadan dans les lieux de culte et vous verrez que les gens se " purifient " bien en ce mois béni. Mais qu’en est-il des 11 autres mois de l’année où l’on déserte chapelets et nattes de prières ?

BAMBA NIANG

13 Août 2010.

 

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