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  Le Républicain
Gestion financière : Le Végal débarque à l’Huicoma-SA

De sources concordantes, le Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, s’apprêterait à envoyer une mission de vérification à Huicoma-SA appartenant au Groupe Tomota.

Sidi Sosso Diarra qu’on a pu joindre au téléphone confirme lui-même l’information tout en nous indiquant qu’il a été sollicité par l’Assemblée nationale du Mali. Selon lui, Huicoma-SA entre bel et bien dans le domaine de sa compétence d’autant plus que l’État malien détient encore 10 % dans le capital de cette société qui a été cédée au Groupe Tomota en 2005.

Pour ce qui est de l’objet même de sa mission, il s’agira de voir comment les milliards de F Cfa provenant de la privatisation de Huicoma-SA ont été utilisés. Oui ou non le prix de vente de Huicoma-SA fait partie des deniers publics ? s’interrogea-t-il. L’autre volet sur lequel le Vérificateur général va s’intéresser est celui des graines de coton.

Il s’agira en effet de chercher à savoir ce que le repreneur Alou Tomota, PDG du Groupe Tomota a fait de la subvention qui lui a été accordée sur les graines de coton. Sidi Sosso Diarra compte s’intéresser aussi à l’exécution de certains points du cahier de charges signé entre l’État malien et Alou Tomota.

C’est une visite qui suscite déjà beaucoup de controverses. Pour certains, le Vérificateur général n’a plus le droit de fouiller dans les comptes des sociétés et entreprises privées depuis la décision du tribunal administratif de Bamako.

En effet, dans ledit procès, le Conseil National du Patronat malien avait gagné contre le Vérificateur général qui voulait contrôler les comptes des Sociétés et Entreprises privées. Et le tribunal administratif de Bamako avait clairement indiqué que le bureau du Vérificateur général n’était pas habilité à s’immiscer dans le fonctionnement des sociétés et entreprises privées du Mali.

Mais, de l’avis de Sidi Sosso Diarra, cette jurisprudence qui n’est pas encore devenue définitive ne touche pas Huicoma-SA dont les 10 % du capital appartiennent encore à l’Etat sans compter les subventions sur les graines de coton. Et d’ajouter que « même si on doit aller en enfer, on va vérifier Huicoma-Sa ».

Pour d’autres, cette visite du Vérificateur général à Huicoma-SA sent le roussi. Ces derniers, affirment que le fait de limiter la mission de vérification à la période allant de 2005 à 2009 intrigue plus d’un connaisseur de ce dossier. C’est une période qui coïncide curieusement à la gestion de Alou Tomota à la tête de Huicoma-SA. Une gestion qui, selon eux, a été sabotée à dessein par certains responsables étatiques chargés de piloter ce dossier de privatisation.

Le Collectif des travailleurs licenciés et non licenciés de Huicoma-Sa qui ont depuis lors déserté leur lieu de travail au profit de la Bourse du Travail transformée aujourd’hui en « Huicomabougou » a aussi sa part de responsabilité. Ce Collectif en déclenchant un mouvement de grève ne voulait que des meilleures conditions de travail et de vie, le paiement des arriérés de salaire et surtout le règlement de leur plan social.

Ces revendications légitimes parce que syndicales ont été récupérées par la suite pour en faire une arme mortelle contre le repreneur de Huicoma-SA, Alou Tomota. L’État qui jouait la médiation est allée jusqu’à proposer la désignation d’une administration provisoire à la tête de Huicoma-Sa.

Cette proposition est indécente car illégale venant en violation flagrante d’une disposition de l’UEMOA qui prévoit ce genre de scénario pour les établissements financiers et bancaires en difficulté. La mission de vérification envoyée à Huicoma-SA sur initiative de l’Assemblée nationale n’est donc que le dernier acte d’une stratégie mûrement planifiée. Pourquoi avoir demandé à Sidi Sosso Diarra de vérifier seulement la période allant de 2005 à 2009 ?

Où est passé le rapport du Contrôle général des services publics qui avait recommandé depuis 2001 « d’élaborer un programme de redressement de Huicoma-SA en prenant en compte le gaspillage au niveau des dépenses de carburants, de pièces détachées, des emballages, des loyers, des avaries de gestion des stockes, des sinistres et l’indiscipline budgétaire du personnel » ?

Ce rapport qui a été caché à Alou Tomota alors qu’il circulait sous les mentaux n’a-t-il pas encore révélé que « Huicoma-SA est financièrement une société grand malade avec 5,7 milliards de déficit accumulés en 4 ans pour un capital de 16 500 000 000 de F Cfa dont 2 446 330 000 F Cfa en incorporation de réserve en 1996 ; 2 380 135 000 F Cfa par réévaluation d’immobilisation et 6 423 535 000 F Cfa par cession et capitalisation des créances CMO1 sur Huicoma ».

En ne tenant pas compte des recommandations de ce rapport et surtout des actes posés en 2001, période considérée comme la vache grasse de Huicoma-SA, qu’est ce que Sidi Sosso Diarra compte trouver sur les 6 mois de gestion véritable de Alou Tomota en 5 ans ?

Pour certaines de nos sources, tout laisse croire que la visite du Vérificateur général à Huicoma-SA est une mission dirigée. Pour d’autres, Sidi Sosso Diarra risque de se faire instrumentaliser dans ce dossier complexe. Cette mission a-t-elle pour but de venir chercher la vérité ou pour salir tout simplement un homme ?

Toujours est-il que le repreneur de Huicoma-SA serait aujourd’hui très en colère contre l’État malien. Selon un membre de son proche entourage, l’État lui aurait caché des informations très capitales sur l’état réel de Huicoma-SA au moment de sa privatisation. Et de nous confier qu’il se demande même si Alou Tomota ne se retournera pas contre l’État malien.

Birama Fall

16 Mars 2010.

 

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