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Financement du programme d’investissement agricole

Pour nourrir les 400 millions d’ouest africains, il va falloir travailler dur, accorder une place importante aux investissements privés, à l’exploitation familiale, à la recherche agricole, estime le premier ministre.Promouvoir la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté est l’objectif de la table ronde nationale sur le financement du Programme national d’investissement agricole (PNIA-Mali) qui a débuté hier au Centre international de conférence de Bamako. L’ouverture des travaux était présidée par le premier ministre, Modibo Sidibé. Elle s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement et de représentants des partenaires techniques et financiers.

Après le Togo, la Sierra Leone et le Niger, le Mali est le quatrième pays à organiser une table ronde nationale sur le financement du programme d’investissement agricole dans la sous-région.

Organisée par le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, la rencontre se penchera sur plusieurs thèmes comme "croissance agricole, réduction de la pauvreté et sécurité alimentaire" ; "financement de la croissance agricole, réduction de la pauvreté et sécurité alimentaire". Les réflexions porteront aussi sur "les options stratégiques de croissance agricole, réduction de la pauvreté et sécurité alimentaire au Mali" ; "le développement des filières végétales, de l’agriculture irriguée, de l’élevage et des filières animales, de la filière pêche et aquaculture".

Le représentant de la commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a jugé que la rencontre de Bamako constituait une étape décisive dans l’élaboration des programmes d’investissements qui verra se réunir au cours des deux prochains mois les acteurs du développement agricole des États de la Cedeao pour poser les fondations d’une révolution agricole, au service de leur pays respectif et de l’ensemble de la région.

Jean de Dieu Somda impute la situation actuelle de l’agriculture dans nos États à un sous-investissement massif et incompréhensible. Nos pays, a-t-il déploré, n’ont pas accordé jusque là assez d’importance à la place qu’occupe l’agriculture. Ce secteur constitue, de son point de vue, le principal secteur de production, emploie et rémunère la majorité de la population et fournit l’essentiel des recettes d’exportations.

Le haut fonctionnaire de la Cedeao soutient que l’objectif de consacrer au moins 10% des dépenses publiques au secteur agricole reste un "objectif minimal" quand on sait que les ressources des ménages, la sécurité alimentaire, le développement économique, la protection des ressources naturelles reposent sur la vitalité du secteur agricole et alimentaire.

"Dix pour cent est une première étape, mais nous devons nécessairement aller beaucoup plus loin, si nous souhaitons être à la hauteur des attentes des citoyens de la région", a-t-il assuré.

Le représentant du Nouveau partenariat pour le développement (Nepad), Ousmane Djibo, a lui aussi appelé à renverser les tendances en faisant remarquer que la situation actuelle de la croissance ne permettrait pas, par exemple au Mali, d’atteindre l’objectif de croissance du programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA), ni de réduire significativement le taux de pauvreté d’ici à 2015, encore moins d’atteindre l’objectif de réduction de moitié de la pauvreté en 2015.

La réalisation de ces objectifs, a-t-il estimé, nécessiterait un taux de croissance du secteur agricole de 12,5% et 8,1% respectivement, bien au delà des taux tendanciels.

Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, en sa qualité de ministre chargé des affaires de la Cedeao et du Nepad au Mali, constatera que l’agriculture est un secteur prioritaire dans la sous-région pour trois raisons : d’abord son importante contribution au produit intérieur brut qui en fait un secteur déterminant pour la croissance économique, ensuite la part importante de la population active qu’elle occupe et enfin, l’ampleur du déficit alimentaire qui fait de l’Afrique de l’ouest une zone d’insécurité alimentaire.

Badra Alou Macalou a jugé impératif pour nos États d’accorder la priorité à la production agricole ainsi qu’au développement global du secteur rural pour mettre fin au cycle infernal de la faim, de la malnutrition et de la soif. Le ministre a relevé que les États ouest africains sont suffisamment bien dotés en fleuves et rivières, en plaines et terres arables, en faune et flore pour relever les défis.

Le premier ministre a souligné, pour sa part, l’importance de cette table ronde avant de rappeler l’ambition du président de la république de faire du Mali une puissance agricole par excellence, une volonté déclinée dans son Programme de développement économique et social (PDES) et traduite en actes concrets par la mise en œuvre de la Loi d’orientation agricole.

"Notre volonté est de faire de l’agriculture le moteur de croissance, pour un développement durable et de qualité au Mali", a résumé Modibo Sidibé en soulignant qu’une part importante du budget national a été mobilisée pour atteindre cet objectif.

Le chef du gouvernement estime que pour nourrir les 400 millions d’ouest-africains, il va falloir travailler dur, accorder une place importante aux investissements privés, à l’exploitation familiale, à la recherche agricole. Les travaux de la table ronde nationale sur le financement du programme national d’investissement agricole s’achèvent aujourd’hui.

M. KÉITA

L’Essor du 13 Octobre 2009.

 

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