La semaine nationale de l’éducation a commencé au Mali depuis mardi dernier. Le lancement officiel a été fait par le gouverneur de la cinquième région, Abdoulaye Mamadou Diarra à Bandiagara.
Le Mali à l’instar de la communauté internationale commémorera le 8 septembre prochain, la journée internationale de l’alphabétisation. Le thème choisi cette année sur le plan mondial est : « pouvoir de l’alphabétisation ». L’évènement vise à valoriser l’alphabétisation en tant qu’outil de promotion social et de lutte contre la pauvreté.
Des constats faits par les responsables de l’éducation, le Mali a un taux d’analphabétisme qui est des plus élevés au niveau africain. Conscients de cette réalité, les autorités se sont engagés dans un processus de reformes du système éducatif malien.
Dans ce sens, l’Education non formelle (ENF) a été inscrite dans le Programme décennal pour le développement de l’éducation (PRODEC) dont les objectifs visent à réduire le taux d’analphabétisme par le développement du système éducatif sur les plans du formel et du non formel.
C’est pourquoi, à travers le ministère de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales, il a été décidé de commémorer la journée pendant une semaine au Mali. Le thème retenu cette année sur le plan national est : « Alphabétisation, un passage incontournable pour un développement durable ».
L’honneur est revenu à la commune urbaine de Bandiagara d’abriter la semaine nationale de l’alphabétisation. Le lancement officiel a été fait le 1er septembre au Stade Omnisports de Bandiagara par le représentant du ministre de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales, le gouverneur de la région de Mopti, M. Abdoulaye Mamadou Diarra.
Il avait pour la circonstance à ses côtés, une forte délégation composée des responsables de l’éducation venue de Bamako, des communes de Douentza, Bankass et Koro de même que les autorités politiques, administratives, religieuses, coutumières, les ONG, associations et projets ainsi qu’une foule nombreuse de Bandiagara pour être témoin de l’évènement.
Le choix de Bandiagara pour abriter ce lancement n’est pas un fait du hasard. Tout simplement que l’Académie d’enseignement (AE) de Douentza auquel le Centre d’animation pédagogique (CAP) de Bandiagara relève œuvre inlassablement à la mise en œuvre des activités de l’ENF en particulier en matière d’alphabétisation considérée comme facteur clé de développement socio-économique des populations.
Selon les statistiques, la circonscription de Bandiagara au cours de l’année 2008, a alphabétisé 3076 personnes. Elle compte 48 centres CAF dont trente centres mixtes et 18 centres féminins. Ce qui fera dire au directeur d’académie de Douentza, Boukary Guindo, qu’au niveau de son académie, la sensibilisation des communautés pour une meilleure implication dans les activités de l’ENF est une réalité et marque la volonté des populations à pratiquer l’alphabétisation.
Il a indiqué que l’impact des néo-alphabètes sur le développement touche presque tous les domaines d’activités : éducation, santé, environnement hygiène et assainissement, agriculture, gestion etc. Toutes choses qui font qu’ils contribuent au processus de développement à travers entre autres, l’animation de certains centres alpha par des néo-alphabètes, la tenue des documents de gestion des banques de céréales et des magasins de conservation d’oignons, la gestion du micro finances, la commercialisation des produits agro-alimentaires etc.
Ces résultats sont atteints dans les vingt et une communes du cercle de Bandiagara grâce aux efforts fournis aussi par les treize ONG, associations et projets intervenant dans la localité.
Le représentant des ONG, Douro Sylvestre Tembély, a souligné que malgré la volonté et les efforts fournis par les acteurs impliqués, l’éducation des adultes révèle des contraintes. Il s’agit de l’insuffisance de ressources financières pour le sous secteur, l’insuffisance d’infrastructures adaptées, d’équipements, de supports pédagogiques et de formateurs de qualité, le faible synergie entre les intervenants, les réalités culturelles, la multiplicité des dialectes etc.
Des défis urgents sont à relever : l’augmentation des ressources financières, le renforcement continu des capacités des structures, le renforcement du cadre d’échange permettant d’harmoniser les approches et outils entre les acteurs, la formation continue des néo-alphabètes.
Le gouverneur Abdoulaye Mamadou Diarra s’est réjoui de la synergie d’action créée par les différents intervenants dans le domaine de l’alphabétisation qui a permis la formation de plusieurs personnes. Par ailleurs, il a invité les uns et les autres à s’impliquer d’avantage dans l’élaboration des activités de l’alphabétisation pour qu’il y ait moins de néo-analphabètes dans notre pays.
Le Maire de Bandiagara, Housseyni Saye, a déclaré : « qu’aucun système ne pourra dissocier l’économie et le facteur culturel ; qu’aucun pays ne peut se développer en dehors de sa langue et de sa culture ; ce qui indique que nous ne pourrions rien faire sans nos langues. Alors alphabétisons nous sinon nous perdrons nos langues et si l’on perd les langues nous perdrons la culture et en perdant la culture notre réflexion, compréhension et analyse que nous ferons des phénomènes seront erronées et ne pourront créer les effets escomptés ».
Après le lancement de la semaine, le gouverneur et sa délégation se sont rendus dans le village de Sinkarma. Le centre d’alphabétisation et les greniers de conservation des oignons ont été visités par la délégation.
Auparavent, le lundi 31 août 2009, une conférence débat a été organisée par le CAP de Bandiagara. Le thème de la semaine qui a été retenu a été développé par le chef de division de l’éducation de base de l’AE de Douentza, Noumory Koné.
Pour lui, l’alphabétisation favorise le développement durable surtout le contexte de la décentralisation et de la démocratie. De son point de vue, les grands défis du moment ne peuvent être relevés qu’avec des hommes et des femmes bien formés et compétents capables de prendre en main leur destin en tournant le dos au fatalisme et à la résignation. Pour ce faire selon lui, tous les acteurs impliqués dans ce sous secteur doivent conjuguer leurs efforts afin de pérenniser cette entreprise.
Hadama B. Fofana
Envoyé spécial
03 Septembre 2009.
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