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Intégration sous-régionale

Yamousoukro, la capitale politique ivoirienne, a abrité samedi dernier sous un incessant crachinla conférence au sommet des chefs d’État du Conseil de l’Entente, la plus vieille organisation sous-régionale ouest-africaine. Le président de la république Amadou Toumani Touré a pris part à cette rencontre en qualité d’invité spécial aux côtés des présidents Laurent Gbagbo, hôte de la conférence, de Thomas Yayi Boni du Bénin, président en exercice du Conseil, de Blaise Compaoré du Burkina Faso, et de Faure Gnassingbé du Togo. L’ambassadeur du Niger en Côte d’Ivoire Yacouba Bakane représentait le président Mamadou Tandja.

Le Conseil de l’Entente est une organisation intergouvernementale d’intégration économique et d’entraide créée le 29 mai 1959 à l’initiative des présidents Félix Houphouët Boigny de Côte d’ivoire, Hubert Maga du Dahomey (actuel Bénin), Maurice Yaméogo de la Haute Volta (actuel Burkina Faso), Hamani Diori du Niger.

Ses pères fondateurs ont vu très tôt la nécessité de doter notre sous-région d’un cadre de concertation politique qui leur permettra de parler d’une même voix dans la prise des décisions concernant l’Afrique qui négociait son accession à la pleine souveraineté internationale, a rappelé le président en exercice le Dr Thomas Yayi Boni.

Le Conseil de l’Entente a été créé comme un regroupement homogène à caractère essentiellement politique. Mais très tôt, eu égard à la prise de conscience par ses États membres du poids des problèmes économiques, les chefs d’État ont décidé de mettre l’accent sur le développement économique. Ainsi des projets socio-économiques comme l’hydraulique villageoise, les logements sociaux, l’appui aux entreprises et le micro-crédit.

Mais depuis deux décennies le Conseil de l’Entente traverse une certaine léthargie. Les présidents actuels des pays membres ont décidé de lui donner un second souffle en organisant sous l’égide du président ivoirien Laurent Gbagbo un sommet du renouveau. Le Mali, a été admis dans l’organisation par acclamation en qualité d’observateur. Le président Touré a été longuement ovationné pour la circonstance.

Une invitation explicite.

Le président en exercice de l’organisation, Thomas Yayi Boni et peu avant lui, le secrétaire général de l’organisation, Magloire Kéké Teti, avaient donné le ton de l’adhésion du Mali au Conseil. Dans son allocation, le secrétaire général a souhaité la bienvenue au président de la république, Amadou Toumani Touré et s’est réjoui de sa présence qui est la preuve de son intérêt pour l’intégration régionale. Le président béninois lui emboîtant le pas à adresser une invitation explicite d’adhésion du Mali à l’organisation en lui disant : "Vous êtes venu, nous vous invitons à y rester". Ces propos ont été suivis d’un tonnerre d’applaudissements.

Tout en souhaitant la bienvenue à ses pairs, le président ivoirien Laurent Gbagbo a rappelé que les pays ainsi réunis forment un même espace économique et culturel que les circonstances ont séparé. Il a émis le souhait que les assises de Yamoussoukro revigorent une des plus vieilles institutions de la sous-région.

A l’issue de leur huis-clos, les chefs d’État ont fait d’importantes recommandations pour relancer le Conseil (voir encadré). Le prochain sommet du Conseil de l’Entente est prévu pour le dernier trimestre de cette année à Cotonou.

C’est le président togolais Faure Gnassingbé qui a lu la motion de remerciement que le sommet a adressé au président Amadou Toumani Touré. Les chefs d’État membres de l’organisation ont remercié le président Touré pour sa participation en qualité d’invité. Cette présence, indique la motion, est une marque d’adhésion et les chefs d’État ont invité le président Amadou Toumani Touré à les rejoindre en vue de consolider les idéaux du Conseil.

Répondant aux questions de risque de duplication avec les missions et les objectifs des organisations sous-régionales sœurs comme l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), le Dr Yayi Boni a indiqué que le Conseil de l’Entente est est fait une organisation complémentaire.

De grandes reformes au programme

Les chefs d’État ont demandé au secrétaire général de faire le point de l’ensemble des institutions spécialisées et projets ou programmes du Conseil de l’Entente. Quant au patrimoine immobilier de l’organisation basée à Ouagadougou, le sommet a donné son accord de principe pour sa cession à l’UEMOA. A cet effet, ils ont souhaité la recherche d’une meilleure voie en vue d’optimiser la transaction avec l’UEMOA dans le respect des textes et procédures en vigueur au niveau des deux institutions.

S’agissant du Fonds d’entraide et de garantie du Conseil de l’Entente, les chefs d’État ont recommandé l’accélération et la finalisation de son audit comptable et financier en cours dans un délai de deux mois. Dans ce cadre, le rapport doit être validé par le secrétariat général et un comité ad hoc d’experts qualifiés dans le domaine, sous la supervision de trois ministres (Bénin, Burkina Faso et Côte d’ivoire).

Abordant la question de la restructuration du Conseil de l’Entente, les chefs d’État ont pris note du rapport du Conseil des ministres et ont demandé aux ministres des Affaires étrangères ou ceux chargés de l’intégration et aux ministres de l’Économie et des finances d’approfondir la réflexion en vue d’une réforme profonde de l’institution et leur rendre compte dans les meilleurs délais.

Le sommet a décidé de commettre un cabinet spécialisé en vue d’effectuer un audit institutionnel et organisationnel dans un délai de trois mois. En outre, le secrétariat général doit évaluer les ressources pour le financement des ses activités. La Côte d’ivoire s’est engagée à accompagner le secrétariat général pour conduire le processus à terme. A l’issue des travaux, les chefs d’État ont rendu un vibrant hommage au président béninois Dr Boni Yayi pour ses efforts soutenus en vue de permettre au Conseil de l’Entente de continuer à fonctionner. Ils ont encouragé le secrétaire général à poursuivre l’œuvre de reforme de l’organisation en cours.

M. Coulibaly

L’Essor du 13 Juillet 2009.

 

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