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L’entraîneur du stade Cheick Diallo : « J’ai été victime de coups bas »

Cheick Fanta Madi Diallo, entraîneur du Stade Malien de Bamako, a démissionné de son poste. Au lendemain de cette démission, les observateurs se posent plusieurs questions : cette démission s’imposait-elle ? qu’est ce qu’il l’a motivée ? Cheick Diallo que nous avons joint au téléphone donne sa version des faits.

L’année dernière, après quatorze journées de championnat national , Cheick Diallo a été sollicité pour remplacer Mohamed Magassouba. Un entraîneur de haut niveau recruté par les dirigeants du Stade Malien de Bamako afin que l’équipe se qualifie pour la phase de poule de la ligue Africaine des champions. Malheureusement, la montagne a accouché d’une souris. Mohamed Magassouba a échoué sur toute la ligne aux premières heures de ses missions. C’est ainsi que le président Mahamadou Samaké dit Sam a fait appel à Cheick Diallo pour redresser la barre. Car le titre de champion de l’équipe de Sotuba était compromis. Paradoxalement certains dirigeants n’ont pas apprécié ce divorce prématuré, et pensent même que le limogeage de Magassouba est l’oeuvre de son remplaçant.

La suite est connue : Cheick Diallo nanti d’une mission de sauvetage a remporté le titre de champion, bien que l’équipe ait été éliminée de la Coupe du Mali. Logiquement, la mission de l’entraîneur devrait s’arrêter là. Et les dirigeants du Stade ne devraient-ils pas profiter de l’intersaison pour chercher un autre entraîneur, et recruter des joueurs de qualité, d’autant plus que l’équipe a toujours pour ambition principale la phase de poule de la ligue africaine des champions.

Cheick Diallo reste aux commandes et pratiquement aucun recrutement digne de ce nom n’a été fait. Pourquoi ?
D’après nos investigations, Siemens n’a pas renouvelé son contrat de sponsoring et le président Sam est le seul bailleur du club à 80%. Dans ces conditions, quels que soient sa volonté, son amour pour l’équipe, il ne pourra donner que ce qu’il a, même si cela ne suffit pas. Alors c’est bonjour les mauvais résultats. Exactement, c’est une série de mauvais résultats qui sont aujourd’hui l’une des causes de la disgrâce du Stade Malien de Bamako. Il a été éliminé de la ligue dès le tour préliminaire ; en championnat, il se fait accrocher par des petits poucets.
Bref la manière dont les choses évoluent ne présagent pas un avenir certain pour la saison. Pourtant c’est le moment choisi par l’entraîneur Cheick Diallo pour jeter l’éponge. Mais qu’est ce qui motivé cette démission ?

Pour le désormais ex-entraîneur que nous avons joint au téléphone, le Stade est un club ambitieux et pour cela il faut de bons résultats. Et dès l’instant que ces résultats manquent, en tant qu’entraîneur il se sent le premier responsable et sa démission s’imposait. Surtout qu’il existe entre lui et les joueurs une crise de confiance. Il faudrait ajouter à cela les coups bas, les crocs en jambe de certains dirigeants qui ne lui ont pas pardonné le fait d’avoir remplacé Mohamed Magassouba. A la question de savoir si cette démission est venue au bon moment, Cheick Diallo dira qu’il aime trop le Stade pour l’abandonner dans des situations difficiles. Seulement l’environnement était tellement pourri qu’il lui était impossible de continuer.
Si aujourd’hui il a la solution des ambitions du Stade, il n’aurait pas démissionné. Par rapport aux informations selon lesquelles il a travaillé dans le sens d’un éventuel échec de Magassouba, Cheick est très clair : c’est moi qui ai fait venir Magassouba et Razak, dans ces conditions comment je peux chercher à les nuire, si réellement j’ai un amour (sans complaisance) pour le Stade.

Pour le moment, l’équipe est dirigée par le duo Boubacar Coulibaly Ousmane Guindo, sous la supervision du doyen Doudou Diakité. Parviendront-ils à sauver la saison des Blancs ? C’est là toute la question.

En tout cas, cette démission de Cheick Diallo peut être la face voilée des problèmes que vit actuellement l’équipe de Sotuba, et doit être un signal fort pour le président Mahamadou Samaké. L’homme doit aujourd’hui se demander si tout le monde est avec lui au Stade. Qu’est ce qu’il faut pour assurer un avenir radieux pour le Stade Malien de Bamako ? Ces questions ont leur pesant d’or, car au moment de la crise qui a occasionné le départ de certains compagnons de Sam (Yéhia Ag et Seydina Sow), des dirigeants censés avoir les armes nécessaires pour éteindre le feu n’ont rien fait de concret. La suite des événements a démontré que les sages de l’équipe n’ont pas véritablement joué leur rôle de médiateur pour concilier les dirigeants en porte-à-faux.

Aujourd’hui, la question est de savoir que deviendra le Stade dans ces conditions après le départ de Sam.
O . Roger Sissoko

Le Républicain - 05 mai 2008

 

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