Le point de vue du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) n’a pas varié sur la question relative à l’abolition de la peine de mort dans notre pays. Un sujet remis sur le tapis par le président de la République, qui a déclaré le 22 septembre 2007, qu’il envisage de déposer un projet de loi à l’Assemblée nationale dans les prochains jours pour abolir cette peine dans notre pays.
Selon le président de l’organisation faîtière des associations islamiques de notre pays, Thierno Hardy B. Thiam, « les musulmans ne peuvent pas aller à l’encontre des préceptes du Coran en la matière » . Sans en dire plus, M. Thiam a préféré nous renvoyer sur l’imam Boubacar Camara, membre du HCIM chargé des ulémas et qui les a représentés à toutes les phases de discussions sur l’abolition de la peine capitale à l’Assemblée nationale, au ministère de la Justice et à la section malienne d’Amnesty international. Les discussions avec ces différents interlocuteurs ont fait l’objet de recommandations écrites le 4 mai 2007.
Le HCIM a fait remarquer, que la peine de mort est définie en islam dans le cadre du talion comme édicté par Dieu dans le Coran au verset 179 de la sourate « La Vache » : « C’est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, oh vous doués d’intelligence, aussi atteindrez-vous la piété » . Ce qui signifie, que cette peine, selon le Coran permet « de préserver la vie humaine et la stabilité sociale » . Son abolition ouvrirait la voie à l’auto justice, l’anarchie, l’insécurité sociale de façon générale.
Le HCIM va du principe qu’en matière pénale, la peine de mort en islam est requise fondamentalement et sans équivoque dans deux cas compatibles avec nos valeurs de société et la constitution de notre pays. Il s’agit de l’attentat délibéré à la vie et du brigandage qualifié.
Les recommandations portent sur le maintien de la peine de mort telle que définie par la loi n°01-079 du 20 août 2001 pour conformité au principe islamique et parce qu’elle intègre la procédure et les conditions qui déterminent la décision juridique islamique. Le HCIM refuse de cautionner une décision juridique fondamentalement opposée à ce que Dieu et son Prophète ont décrété.
Pour le HCIM, « il faut abandonner ou tout simplement ne pas adopter le projet de loi portant abolition de la peine de mort au risque de saper les fondements sécuritaires de l’Etat et de la société (haute trahison contre l’Etat en complicité avec l’ennemi extérieur ou intérieur ne sera plus un péril, les coups d’Etat ne seront que perturbations d’ordre public... »
Abdrahamane Dicko
26 septembre 2007.
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