Quelques mois après son opération contre les maisons closes, la fermeté de la Brigade des mœurs et de l’enfance a, semble-t-il, payé. Une patrouille sur le terrain lundi soir est parvenue à la conclusion que la situation a changée. Il n’y a presque plus de filles de joie sur les voies publiques.
Réputée ferme, Mme Sacko Ami Kane, commandant chargé de la Brigade des mœurs et de l’enfance, a repris son bâton de pèlerin dans la nuit de lundi à mardi pour faire le tour de certaines rues du district, non pas pour ordonner la fermeture de bars ou restaurants malfamés, mais d’évaluer le travail entamé en janvier 2005 et constater de visu si les bars ont été érigés en maisons closes comme il lui est revenu.
Partie à 21 h 30, la patrouille, sous les ordres du commandant de la brigade des mœurs, s’est rendue successivement aux bars Blacken, Woyowayanko de Sébénicoro, Fida à Lafiabougou, à la rue princesse à l’Hippodrome, les alentours de la Grande mosquée à Bagadadji, l’auto gare derrière le fleuve avant de mettre cap sur les bars Wassa et Détente à Sénou.
Dans les deux premiers bars visités à savoir : Blacken et Woyowayanko, aucune femme ou fille n’était sur place. Là-bas, la seule particularité réside dans le fait que le bar Woyowayanko est presque contigu à la mosquée puisqu’il n’y a que deux familles qui les séparent et que son promoteur, absent au moment de la visite, n’a pas d’agrément. Toutes choses qui ont suscité une colère noire de la visiteuse qui a instruit au gérant de vider les lieux sous peine de sanction.
La rue princesse, l’auto gare de Sogoniko, les alentours de la Grande mosquée qui étaient des QG de « belles des carrefours » qui se livraient à la prostitution étaient vides. Une seule prostituée a été prise la main dans le sac à la rue princesse. Au bar Détente, s’il n’a pas été trouvé de professionnelles de sexe sur place, le gérant a reconnu qu’elles y logent mais qu’elles sont sorties et qu’elles payent la chambre à 1000 F CFA la nuitée.
A toutes les étapes, une même remarque : aucun promoteur n’était sur place. Toutefois, le commandant de la brigade des mœurs a laissé une consigne ferme les invitant à se rendre à la brigade des mœurs et de l’enfance où ils sont susceptibles d’être présentés au procureur.
A la fin de la patrouille Mme Sacko Ami Kane s’est dite satisfaite. « On sent que le travail fait a eu un effet favorable. Je me rends compte que nos voies publiques ne sont plus occupées par les prostituées comme avant. Elles sont fortement contrôlées par moi-même et mes éléments tous les soirs. Donc, c’est un sentiment de satisfaction en voyant nos rues débarrassées de prostituées ».
Lors de sa dernière patrouille, qui remonte à février dernier, la patronne de la brigade des mœurs et de l’enfance avait recensé 284 bars et restaurants dont 90 comportaient des chambres de passe et 6 transformées en maisons closes.
De plus, dans le district elle avait dénombré 650 chambres de passe. Mais, aujourd’hui sa politique de fermeté a payé puisque sa mobilisation contre l’outrage aux bonnes mœurs est sur le point de porter ses fruits.
Mohamed Daou
07 juin 2006.
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